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12 mars 2010

Les pigeons fatiguent

Ne prennent plus leurs ailes
Traversent les clous quand le bonhomme est vert
Picorent sans faim les papiers gras
des caniveaux ruisselant des usines
Gris ne grognent plus
si l'étourneau s'en mêle
et leur chipe une chips lessivée d'un égout.
Las les pigeons déambulent hagards
et s'écrasent au passage
d'une voiture sans arrêt.
Nul ne leur dira la messe
Trop pollués leur entrée dans l'enfer
leur sera refusée
Le Diable leur dira
"Saletés de volatile! Où c'est qu'vous vous croyez?
Vous avez vu vos griffes! Et en plus vous puez"
Ils baisseront le bec rongé par la vermine
et diront que c'est vrai,
Faut pas se foutre du monde
ils s'enrouleront le cou dans la corde
dépressive du monde
Las et gris, finiront alcooliques
sous une rame de métro
bouffés par quelques rats
contents
contents pas tellement
eux aussi fatigués
la queue entre les pattes
désireux de mourir
quand la faune agonise autour d'eux
sans plaisir d'avoir bouffé sa part
puisqu'on est dans la chaîne
des "bouffeurs de prochain"
Les rats n'ont plus la pêche
voient leurs collègues s'éteindre
sans même un ennemi pour les assassiner.
Le jeu sans ses joueurs
n'est plus comme la guerre
et c'est beaucoup moins drôle.
Les rats décolorés d'angoisse
ne prennent plus la peine
de chasser l'étourneau
venu dans la mêlée
leur chiper leur pitance
Las et gris les rats picorent
sans appétit quelques granules
rouges ou rances trouvés là sur la route
Ils suicident l'ennui
déambulant hagards
dans le grand purgatoire
de la RATP.

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