J'ai déchanté, sans désenchantement.
J'ai pris un poing dans la gueule. J'ai rentré la honte dans mon sac où j'avais la main.
Pris le coup rentré mon cou baissés les yeux baissés à terre
déchanté normal reçues les leçons du mec aux yeux de papa pas content
pas bien ouvert mon sac où j'avais la main
je l'aurais coupée si j'avais le cran mais moins grave
coupés les cheveux serrée la gorge asphyxiées mes nuits
les yeux moqueurs, les yeux des gens responsables
ceux dont les épaules tiennent la tête
Avalée non digérée la honte et le sommeil parlons en le sommeil
La nuit je tue sans vouloir je marche sur le mort démembré dans la flaque viscères et sang
et on constate, j'écris "c'est moi pardon je voulais pas mais c'est bien moi moi qui conduisais, j'ai pas voulu j'ai écrasé
je reprends le volant ça dérape aussitôt rebelote j'écrase le mort déjà tué
rebelote
rebelote
la main dans le sac
visible aux yeux de pères pas contents, aux yeux moqueurs des têtes sur les épaules droites
je courbe décidément j'enfonce le futur
fonction négative, équation sommaire à deux inconnues: moi et celle que je deviens.
Hop. Tangente qu'on sait bien reprendre la même main dans le sac demain dans le ressac
encore, encore. La honte et le sommeil factice. Tout est factice. La promesse, la Parole, ma main et la langue dans ma poche.
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