WARNING/ AUTOFICTION
Site non recommandé aux personnes stables.
Ce site n'est pas bon pour la santé des riches.
Ce site peut provoquer des tremblements de la personne.
Ce site peut provoquer une Joie lente et formidable.


30 janv. 2026

Tout allait bien

 L'écriture était droite, alignée en juste proportion

les courbes étaient arrondies, les majuscules des clés de sol.

Tout était bien, carré et tournait rond.

Je récitais des poèmes avec des automnes, des cancres qu'on aimait, des oiseaux qu'on libère.

Je dessinais le soleil et les feuilles jaunies. Le modèle suivait des lignes sans ratures. En marge le rouge parlait d'un ensemble "satisfaisant honnête". Pas de glorieux "bien" mais des "vu" qui l'entendaient.

A cette époque être droit était dans le devoir de tout écolier lambda.

Et puis, les cheveux sont coupés, et l'écriture devenait mauvaise, tremblante. Les pattes de mouches faisaient des tas monstrueux dans la poésie. Je comptais trop sur les autres. Je dissipais l'entourage. 

Ma main droite dysfonctionnait et on ne croyait pas la gauchère. Les symétries devinrent une torture. Et ma tête pensait à quelque chose de mensonger. On rompait la structure et je me suis défaite. Et il a fallu mentir, dire que je savais quand je ne savais plus

écrire dans les lignes

dessiner le printemps

les familles heureuses réunies

Les cheveux coupés, j'ai cru un moment savoir qui j'étais devenue.

Mais je mentais, trichais, voyais plus gros que mon ventre de 6 ans. Je devenais cette honte qui s'affiche sur l'estrade. J'étais dans le coin, pleurante mais le mal était fait.

Les bons points confisqués, l'encre bafouillait de plus en plus, je prenais trop d'"espace, j'échappais au projet assigné. Tout s'est déraillé. Tous les jours un accident de la conduite apprise en théorie. Il s'agissait d'un avortement de pratique jadis intégrée discipline desincarnée.

Rupture majeure dans la construction mentale. Je divorçais de celle que j'étais. Le modèle prenait feu et je me foutais des carreaux, après tout j'étais brouillon. Et c'est déjà pas mal quand le coeur est fendu. 

Le coeur était fendu, et la colère s'épaissit. Une glu empêtrait mes gestes et les désirs. Je ne voulais plus devenir. 

Abdication. 

Tout était sali. Le mal était fait. 

26 janv. 2026

A seize heures pour avoir 16 ans

 j'ai fermé les yeux je me suis endormie

pour penser à celle que j'étais, j'ai eu seize ans hier,

je frôlais le miroir sans le regarder, je suis allée au lycée je pensais l'avenir ouvert triste mais

du courage j'en avais hier je me suis endormie à l'heure du goûter

à l'heure des biscuits, à l'heure d'un grand lait froid

j'ai pensé en dormant que tout aurait pu être autrement

mais qu'il en a été ainsi et qu'il est comme ça ce que je suis désormais

qu'il reste un peu de temps pour défaire les peurs, les tourments, et surtout le savoir

Je ne sais plus les conjugaisons latines

je ne connais plus l'histoire d'Ulysse et des Atrides

Je ne connais plus comme le cyclope a cru qu'Ulysse était Personne

et qu'il a crié comme un fou Personne Personne et je le suis devenue

Personne sans Argos pour me reconnaître

quand je reviendrai là où il faudrait être

sans la cicatrice au coeur invisible 

à ceux qui ont mieux vécu, en angles droits, en lignes claires

Mon prénom c'est le destin qui s'est inversé, clair devant-derrière

obscur et sinueux

Mais la lune à seize heure reste là 

elle veille elle prend le corps du coeur inanimé

dépourvu. A seize heure et demi, j'étais comme en hiver

et grand-mère était morte.

La lune m'embrassait.

25 janv. 2026

Un poing dans la gueule, un point à la ligne.

 J'ai déchanté, sans désenchantement.

J'ai pris un poing dans la gueule. J'ai rentré la honte dans mon sac où j'avais la main.

Pris le coup rentré mon cou baissés les yeux baissés à terre

déchanté normal reçues les leçons du mec aux yeux de papa pas content

pas bien ouvert mon sac où j'avais la main

je l'aurais coupée si j'avais le cran mais moins grave

coupés les cheveux serrée la gorge asphyxiées mes nuits

les yeux moqueurs, les yeux des gens responsables 

ceux dont les épaules tiennent la tête

Avalée non digérée la honte et le sommeil parlons en le sommeil

La nuit je tue sans vouloir je marche sur le mort démembré dans la flaque viscères et sang

et on constate, j'écris "c'est moi pardon je voulais pas mais c'est bien moi  moi qui conduisais, j'ai pas voulu j'ai écrasé

je reprends le volant ça dérape aussitôt rebelote j'écrase le mort déjà tué

rebelote 

rebelote

la main dans le sac

visible aux yeux de pères pas contents, aux yeux moqueurs des têtes sur les épaules droites

je courbe décidément j'enfonce le futur

fonction négative, équation sommaire à deux inconnues: moi et celle que je deviens.

Hop. Tangente qu'on sait bien reprendre la même main dans le sac demain dans le ressac

encore, encore. La honte et le sommeil factice. Tout est factice. La promesse, la Parole, ma main et la langue dans ma poche.


20 janv. 2026

une émotion et la base

 As tu senti non et bien sûr

oh je redresse ma colonne 

je te vois chantant mieux et puis les autres dansent car vous faites danser

je suis heureuse dans et parmi les autres je danse

je m'éteins, je m'épuise je reste flaque

et suis vivante!

sans toi sans eux, j'ai dansé car ce qui a compté

c'est moi dansant dansante et toi dans mon coeur

sans la fête moi dansant et toi sous l'arbre qui regardait

danser une fille un peu débile et si légère qu'on aurait dû penser

qu'elle n'était pas comme il faut pas comme les autres pas comme ceux qui veulent des carrés dans les ronds les ronds sans les étoiles les ronds ou les carrés

sans étoile pas un rond sans le carré le carré sans le rond

ne touchaient pas l'étoile 

celui qui  réconcilie l'homme 

l'étoile est loin nous dit ce qu'il faudrait pour que la nuit existe alors que des étoiles ne cessent de naître

et la nuit! Et la nuit pourtant la nuit est noire, qui comprend que la nuit nous apprenne le noir

quand scintillent les étoiles qui devraient l'éclairer?

Tu sais tu as affaire à une femme qui aimerait

traverser les étoiles franchir les passions

qui aimerait comprendre pourquoi on devient con, étriqué, et mauvais

une fille qui deviendra ou ne saura pas tenir la main d'un homme sûr

une fille qui préfère le silence et la nuit, et parler trop au lever du soleil,

Même le soleil fatigue, cela me donne le courage de soulever le rond parfait qui naît 

oui quand le soleil est fade, j'ai la force de le hisser plus haut que nos cercles
Diamettre Pi au carré

Pi à savoir : 3,141592653589793

j'ai la force de Titan poour qu'un cercle parfait dessine le ciel des hommes , c'est vrai. Oui c'est réel. J'ai de la force pour que les violettes de février sentent la violette, que le muguet jaillisse en sentant l'odeur des premiers mai,

J'ai cela. juste pour toi. Mon amour. Sans prétention. Je sais donner un sourire à ceux qui n'en ont plus. Oui. De cela je suis capable. D'aimer celui surtout qui en tout détestable et deviendra meilleur à mon contact, à mon amour . Insatiable. Mon Amour absolu, qui donne tant à celui qui peux le recevoir. Entourer sa folie.

Toi , tu es capable de ce que nul ne sait accueillir. Tu es, et tu sais. Tu sais. Sinon tu ne serais pas mon amour. Fragile, heureux, nous sommes si heureux quand nos sommeils épousent le present.

Je suis folle d'amour. Ou je suis une morte. Des fois j'aimerais. Etre folle ou mourir. Je préfère la folie. Pour t'aimer. Toi. 

je suis improbable, j'essaierai de devenir meilleure,  je te jure.

16 janv. 2026

Faillite

 Je n'ai, je ne veux plus les mots de pacotille qui disent un sens et le contraire.

Je n'ai pas péché, j'ai failli, j'ai fait semblant, j'ai rompu le pacte.

Quoi le monde?  Le Monde se distingue par continents, frontières, possessions

j'ai volé.

J'ai volé ce que je ne voulais pas.

Luin sans comprendre, a ri, a dénigré, il avance LUI

Je recule. Le crabe. Un cancer qui a la queue du scorpion.

Je recule et je veux vivre.

Lui traverse le temps, avec un peu de tout.

L'amour entre deux signes.

Le sexe entre deux feux.

12 janv. 2026

Le givre étoilait les sapins

 je marche je regarde les pieds s'enfoncer les pieds

crissent dans la neige j'aime le bruit de la neige 

enfoncée sous les pas

Crisse la neige sous mes pas

Se figent et avec 

l'empreinte des semelles 

j'aime entendre lève les yeux

le ciel pur rend meilleurs mon âme mon esprit

le soleil éblouit mes pas continuent la neige épaissie sous la marche

je vois les pas former des ondes devenues glace bientôt

je souris de l'hiver entre lumière et ombres

entre neige absolue et soleil sans chaleur

je regarde la marche former un chemin qui évite le drame

d'une chute nouvelle

j'ai ri d'elle froide dans la neige 

j'ai ri souri les trottoirs sont en biais j'ai viré sous la glace

glacée par le froid

j'aime le froid d'hiver dont la glace sournoise 

fait des farce à la glace 

Aux éclats j'ai ri de lumière

j'ai glissé quoi de mieux en hiver

glisser sur la glace et regarder en face

le soleil froid d'hiver


11 janv. 2026

J'ai pensé j'ai saisi

Il était devenu livide et puis fantôme;

Comme il s'agissait de corps subtils il préféra d'être vaporeux

aussi, il disparut.  La mémoire, la Nôtre devait faire son travail en même temps que son deuil.

Il fallait travailler à l'enfouir plus profond qu'il ne l'était, plus éteint, plus disparu dans nos coeurs.


Un deuil on ne le fait pas. Il travaille de lui-même. Ou il pourrit, ou il sèche. Selon ce qu'il désire.

Brûler, mettre sus terre, disperser, tu le sais Olrik, que ton crâne n'y pourra rien changer

les souvenirs, les regrets, les prières


Il fallait vivre. 

On l'a  fait. Ou on n'a pas vécu. 

Assume que tu n'as pas été à la hauteur du disparu.

Assume. Ou meurs. 

Ou pourris. 


Tout est simple. Si simple qu'on cherche des synchronicités, des messages, des soutiens.

Mais non. L'existence cynique fait comprendre que si on ne sait rien , tout est là, quand on peut. Tout est là quand les coeurs battent encore. 

Je crois qu'il me faut admettre, que je suis assez minable. Non, je le suis. J'arrête de leurrer mon esprit en pensant que l'univers me distingue. L'Univers, Dieu, Satan ont bien mieux à faire que s'occuper d'un être lâche et qui n'a rien voulu, sauf espérer qu'on le sauve. On ne sauve pas qui s'est perdu.


Courage. Et vivons, du mieux que l'on peut. Ne regrettons pas qui nous sommes. Soyons ce que l'on est. Ce sera déjà bien. Mieux qu'un baiser sans l'odeur d'une mère. J'aimerai.


2 janv. 2026

Ciel triste

Journée telle qu'on devinait au travers de la brume

qu'elle se lèverait tôt ou tard

Ciel indubitable rayé d'un nuage en losange

Etale, un bleu perça le doute.

Je voyais du mauve dans les pins étoilés par le givre.

Le soleil déchira la mélancolie.

Et ce même ciel soudain retrouva son nuage.

Il fit venir les autres, qui devint gris, sombre et froid.

Humide, la pluie tomba en neige

longtemps

elle recouvrit le sol 

et le givre des pins

Le premier la glaça, 

Elle, durcie, l'épousa

Encore. Elle, au nom de Lui, fit un voeu.

Lui, à son Nom, prononça "Pour toujours"

Il et elle embrassent la terre au nom du Ciel

Sur le givre assuré, certain de sa force, repose la neige légère 

les deux couches lointaines forment un nouveau monde

Au centre, les aiguilles de l'arbre qui en été

nous prennent dans un vert

aux odeurs de pommes.

Les aiguilles sous les pieds nous marchons doucement

en été, son matelas moelleux, approfondi du passé de l'hiver

crisse

L'été tôt ou tard se lèvera. Et nous aurons trop chaud

le matelas d'aiguilles sous nos pieds alanguis.