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15 juin 2026

Il est temps

 de nous enfuir vers cet inconnu

le coeur

et ce qu'orgueilleusement 

on nomme l'âme.

Il est temps de s'attacher à l'intérieur qui nous semble indigeste inutile 

Il en faut du courage pour regarder notre coeur et notre âme

Pour que l'action devienne un corps qui nous est propre

un corps qui fait agir

sans penser qu'il fait absolument agir

courir faire ce qu'il faut, ce qu'il nous faudrait faire.

Ceux qui parlent plus haut qu'ils ne pensent pour se sentir vivre.

Vivants ils n'existent que pour eux.

Se connaître ouvre des portes. 

Le courage n"est pas ce mettre dans l'oubli: des études, du monde, des amis qu'on aime pour avoir des amis,  un amour évident. 

Le courage n'est pas de se conforter avec des amis d'antan

qui parlent si haut qu'ils n'entendent pas le murmure de la mer, à force de savoir ce que la mer leur dit. Une plage sans galets, du sable qu'on veut indemne

de coquilles et de vers ces coquilles et les vers qui le rend ce qu'il est. Le sable. Le sable. et  nos pieds dans le sable et l'eau qui nous murmurent

des paroles superbes

le sable et puis la mer

aux murmures qu'on oublie si l'on regarde ce qu'il faut faire encore

le murmure de la mer résonne à nos coeurs à notre âme

en écoutant

qu'un instant nous sublime.

10 juin 2026

Des envies bizarres

 Souvent j'ai des envies bizarres.

Qu'on m'enferme dans une cage pour rêver à ce que je ferais libérée

Que je m'élance une corde au cou, pour réaliser combien j'aurais voulu vivre 

Je suis libre, vivante, sans corde au cou ni barreaux 

et je suis déjà morte enfermée dans le conditionnel épais qui me fait exister mieux

que ma capacité à faire.

L'unique -et non des moindres- réalité est l'amour que je porte

à ceux que j'aime, à ce que j'aime

Aimer suffit il pour vivre?

J'ai des besoins primaires: manger, boire, dormir.  

Ces trois défauts me coûtent cher. Car j'aime manger le meilleur, boire l'exquis, dormir sur un matelas sans petit pois qui dérange.

Où ai-je appris à préférer les songes au concret, les lunes et l'éclat des étoiles plutôt que les jours chaque jour recommencé?



9 juin 2026

L'axe, c'est moi.

 L'Axe,

n'est pas

celui que l'on trouve

ailleurs.  Je m'en persuade.

L'axe est au coeur,

entre le pubis et le front.

Je tiens sur mes deux jambes

Je lève les yeux

Je suis debout.

1 juin 2026

Monde intérieur

 Il suffit de voir son intérieur pour vouloir regarder autour.

C'est si simple et bonjour serait trop dur

Il suffit d'imaginer un système digestif ana

rchique les pensées sans tenue

sans pouvoir retenir ce qu'on devrait pourtant tenir

retenir (le feu les larmes la terre et puis ce qui nous donne de l'air)

taire ce qu'on devrait savoir et surtout à nos âges 

qui indiquent qu'il n'y a plus d'enfant à venir

dans la cour 

dans le coeur

des gens bien comme il faut

il ne faut pas quand on a la fièvre 

prononcer les mots sortis d'une soupape à la retraite

l'article de la mort

Je rumine un instant qui voulait l'enthousiasme 

S'étalent cynisme le jugement

de ceux qui savent 

et ceux sans orthographe décident que 

les plantes 

les arbres 

prononcent la vie est belle

La vie est belle

quand sait-on vraiment  ce qu'on aimerait devenir?

Débâcle

Ils étaient trois et ma tête dans le café, je suis morte de honte

et plus je m'amendais

et pire on me toisait


Je pensais qu'il faudrait me calmer

recoudre mon narcisse

or il était noyé.

Je pense avoir été d'un courage absolu

mais ce ne fut pas grave ce fut

la petite goutte qui malgré elle

a fait dégueuler le si peu de rage en moi

le triangle isocèle dont je savais les lois

j'ai tout perdu un matin de septembre.

C'était à une table où le petit déjeuner grec 

a ouvert la journée

sous les auspices grecques

magique le petit bateau

faisait le tour d'îles plus belles que le chant des sirènes

je sautais et la mer

la mer recommencée a fini. La mer s'est finie.

La honte n'était pas lavée, leurs façons de me dire que je n'étais pas digne

leurs façons 

leur mépris

je devins si maladroite qu'ils étaient si heureux 

d'avoir deviné et mieux

d'avoir su 

de savoir mieux que moi

qui j'étais.

Je crois beaucoup aux autres surtout si leur parole est haute et sans l'ombre du doute.

Pardon, j'ai demandé "PARDON" 

Alors forcément 

ils m'ont dit comment mettre le linge sur le fil à linge

ils m'ont donné les pinces à linge pour que je tende le linge.

Comment mettre la table. Je mettais les fourchettes à gauche ils les voulaient à droite. J'ai les codes savent ils, mais non ne soupçonnent pas: les couteaux sont à droite, etl e pain à l'envers une malédiction

et on ne lèche pas son couteau. 

Les couteaux furent à gauches et les fourchettes à droite. 

Ils m'ont dit de ne pas mettre de moutarde dans la vinaigrette

ni d'ail  ( mon ail n'était pas comme il eût fallu qu'il fut

trop lourd trop cru trop mal cuit quant tout doit être digeste.

ils m'ont dit de ne pas m'occuper des repas qu'ils ne digéraient pas.Ah j'aurais pu en rire, danser, éclater de mépris. 

Or ils devaient dormir. Le port était bruyant, et les bateaux surtout. Leurs vacances foutues. 

Je suis sortie, et le squatt des migrants, plus joyeux que leurs âme m'ont offert un verre d'eau. Et je fus  ivre, alors en ouvrant la porte de notre maisonnée, je me suis cognée dans le coin de la douche, je saignais de la lèvre

l'arcade sourcillière pissait

un liquide pourpre 

et malgré la lune bleue

qui embrasait le ciel

de la nuit 

l'arcade pissait rouge

j'avais fait du bruit, ivre de leur verre d'eau qu'on m'avait offert.

Au petit déjeuner, et la table bien droite, et les couteaux à gauche, ils m'ont regardée 

Ils ont dit combien leur nuit avait été mauvaise

j'avais tant fait de bruit

Ma nuit fut étoilée

mais il est vrai qu'en retraite on mérite 

que les bateaux se taisent et qu'on laisse dormir

ceux qui sont trop fatigués après tant de labeur

Claire ô ma Claire, les retraités ne méritent pas qu'on leur vole une nuit

de vacances 

méritées ils ont tant mérité, un voyage tranquille sans les bateaux d'une île

une île bien tranquille

sans étrange personne puisqu'il est clair qu il faut bien les reposer

ces gens bien méritants

qui savent mieux que tous

qu'ils savent mieux que nous

En france ils ont vécu. Et leur identité confirme ce qu'ils veulent être


La blessure pourtant ne vient pas de leur fait;

Le bateau avançait dans la mer superbe. A la poupe je prenais un vent doux pour avaler l'écume que ma bouche accueillait. Je ne voulais pas voir ce qui s'était passé au matin. La journée devait être superbe. Alors superbe devant la mer maternelle, et la joie d'être là, j'ai pleuré de bonheur.


Ils étaient allongés sur des serviettes blanches. Bronzant visages, cuisses, épaules. Ils lisaient des polars si prenants, ils avaient l'habitude de l'azur, de l'écume, de l'eau bleue éternelle. Ce soir il ferait nuit et les bateaux signaleraient leur touriste présence.

J'ai eu honte quelques semaines.

Et puis comme je suis mieux débile, 

maladroite, et la bouche et le front

tranchés par un coin de la douche

pissant le sang 

j'ai pesé combien je préférais mon sort

au leur.





30 mai 2026

Les sapins calcinés

 sur mes livres d'enfant, dans la bibliothèque 

parfumée d'encens de camphre et naphtaline

ont écroulé le passé sans histoire mais qui me construisait.

Je devais traverser un chemin où des crocodiles veillaient

j'ai passé l'épreuve des caïmans plus petits moins énormes

en me faufilant sur le côté d'un chemin sombre boisé

et ensuite 

de peur j'ai baissé la tête j'ai rampé sur les bords

Le chemin grandissait et ma peur la bête

comme lui a gonflé

Les crocodiles aussi et ma peur la bête

rapetissait mon corps

idiot de peurs et de nausée

Tapies dans l'ombre de la tourbe 

noire d'étangs crevés 

deux dents saillaient, les monstres me guettaient

Des carapaces glauques montraient leurs gueules 

préhistoriques

les monstres gigantesques devinrent fous

Je crevais e

t les crocs agrippèrent mon âme

si j'en avais bien une, d'âme

celle qui détestable me donne des vertiges

de fille vierge 

Les monstres plus larges que des routes

fusaient des météores noires

gerçaient ce qu'il reste quand on revient mauvaise

de l'école

pour une note passable 

à savoir prononçait 

ce que je pensais tout bas:

Médiocre c'est bien le pire quand on veut les sommets 

et davantage les gouffres

Médiocre je l'étais

et les alligators savaient que je l'étais

Tapis dans leur ombre 

riaient 

Pareille je savais

que tout s'écroulerait:

la bibliothèque aux sapins calcinés, aux livres d'enfant roi, aux héros sans exploit

et tout s'est écroulé.

La mère inquiète ou plutôt morte

d'inquiétude 

parce qu'elle savait très bien plus forte dans le fond

que j'étais son contraire

elle savait bien au fond que la fragilité 

est une espèce en voie de disparition.

Alors sous les pages d'épines 

calcinées

j'ai ainsi disparu.

26 mai 2026

La Joie

qui comme une surface revient

et profonde enracine, se nourrit, envisage le coeur différemment

comme si rien n'était grave et pourtant singulier il est bon de connaître

de reconnaître ce qui est est à savoir qu'il est possible

de devenir meilleur quand tout est accueilli

les brochettes brûlées, les gâteaux sans pareille, le goût imprononcé puisque rien ne dira

qu'une saveur superbe partagée offerte 

peut devenir sublime

la pistache absolue la framboise étalée 

dans l'amande si douce moelleuse si parfaite

rien

le premier melon partagé

je l'ai fait le voeu du premier melon partagé

arrosé de rosé et de bulles

être enivrée

enivre ma façon d'être au monde, ici et simplement

Un frère si rare dont le sourire efface les discours parfaits

sobres sans détours

La Joie de découvrir ce que d'autres misérables

perçoivent des limites

Et nous si misérables

on sait tant qui nous sommes

Enivrés misérables or tellement joyeux

Un sourire et le vin 

Meilleurs qu'une bière qu'on pouvait dire tiède?

Cependant explose notre bouche d'une bière un peu tiède

et soudain fabuleuse

désaltère la bouche et puis la gorge

et le coeur et notre âme.

Incroyable la joie qui envahit nos âmes et nos corps absolus

Ce matin ton sexe s'est dressé, nous nous disions merci

Nous nous disions 

ce qu'aucuns mots ne disent

un miracle sous un  velux fou

Cette joie sans miracle prononce 

"Jouir est notre buisson

 et qu'il est bon d'être qui on est

sans peur du lendemain

et intègres à savoir 

absolument sentir

qu'il est bon d'être là 

juste notre présence

ton sexe dressé et moi dressée sur toi

Se réjouir de l'aventure 

Connaître chaque autre et chaque jour

Surtout toi

Surtout toi cher "je tiens à toi"

Surtout toi si cher qu'il est autre

et moi si différente.

A toi.

22 mai 2026

On recherche la nuit

On appelle, un silence remue

et les voix revenues

surprennent le sommeil

On espère un ami c'est un autre moins fou

qui agite l'esprit 

et nos  songes d'été 

s'éteignent au soleil

naissant et renaissant

On appelle et les ombres 

ricanent. Elles reviendront bientôt.

Les murs cognent nos corps

L'hématome au matin nous dit qu'on a vécu 

dans la nuit qui s'éteint.

Cogné le corps s'agite. Et il ne pourra rien.

J'ai pourtant rêvé de ton architecture

intacte, fabuleuse

tout était absolu, tout était impeccable, net

sans ordure apparente et sans éclaboussure.

Mais qui sait si on est l'ordure d'une autre armée.

Qui sait si l'amour qu'on livre à la patrie

deviendra un bijou un carat un or pur 

Qui sait si des ordures ne naissent pas les fleurs

Ou le contraire et qui sait?

Il nous faut du courage pour affronter nos ombres.

Il nous faut nous armer pour reprendre courage.

La vie a tous les droit.

Naître sur le fumier, butiner les je-ne sais quelle herbe qu'on appelle mauvaise

les chats errants sont ils des ennemis?

Les chiens que les vieux tiennent en laisse

sont-ils plus aimables?


Je domestique le feu qui s'agite et ma tête

commande 

à mon souffle d'apaiser la cervelle

explosée d'une respiration trop électrique

trop folle 

à ma respiration de tenir l'apnée

pour qu'enfin j'apaise le foyer 

qui brûle et me consume.



19 mai 2026

Tout est bien


J'aimerais le courage

qu'ils ont
ceux dont on pense qu'ils n'ont plus le courage
d'être là dans le monde ceux dont on croit
que c'était leur destin
de ne plus être au monde
Ils ont pris leur courage, leur détresse, leurs ombres
et se sont évanouis
pour les mener ailleurs que dans le monde ici.
Ils ont eu le courage
je n'ai pas ce courage
On comprend l'être mort puisqu'il est maintenant mort
Personne n'a plus de doute car on l'avait prédit
les Cassandre reviennent pour dire qu'ils savaient
au vu de ce qu'ils savaient
à savoir pas grand chose
Et surtout rien du coeur
Et de leur âme
au fond. Donc ils ne s'étonnent guère. Pire, ils le savaient qu'un jour
cela arriverait bien
Ils le savaient au fond
Alors quoi? A quoi bon s étonner à quoi bon se morfondre ?
Amère je souris et je pense à celui qui a eu le courage de nous dire
qu'il ne pouvait plus ,
qu'il n'en pouvait plus
et si tu savais comme je suis gâtée mais seule
dans un monde impossible
dans le monde définitivement
dans le monde
j'aimerais son courage
C'est drôle d'être dans ce destin écrit. On se croirait chez les Grecs aux oracles tragiques.
Maintenant les dieux se taisent puisque les hommes savent, et prescrivent comme on jauge une peau malade d'après les ornements.
Comme on sonde le foie quand le coeur est malade.

11 mai 2026

Descente

J'étais dans une sphère tendue, d'urgences en urgences

bâclées dans le travail

précipitée

Nerfs en feu, mains tremblantes, instatisfaites, malheureuses de leurs gestes 

impatiente irritable 

brûlent tout le soin à faire les choses bien, belles les choses 


Descendue comme une chute 

imprévisible atterrissage au matelas propice 

à recueillir l'angoisse les peines puériles

Une chute violente jusqu'à sentir le sol fait de paille et coton

un duvet ferme et dense

une paix maternelle

qui accueille l'enfant 

indocile incapable de se tenir 

en sa place d'enfant 

La cervelle assommée par les bras de la paix

qui recueille les larmes, celles qu'on ne verse pas

le giron d'un arbre centenaire que je caresse encore

un arbre centenaire une mère et c'est là

le paysage intérieur a apaisé la souffrance débile

qu'on a quand on a rien vécu.

Sans aucun mirage, 

un arbre centenaire une mère la nature insatiable

de Beauté permanente

Insatiable Beauté de la Nature sauvage

1 mai 2026

Soudain la Nature nous rappelle

 que l'Homme est une ombre gonflée d'orgueil

une grenouille politique, qui voudrait détruire la mare qu'elle occupe, 

et le nénuphar fleurit dans un éclat de rire,

Un croassement ne vaut rien s'il est seul.

L'Homme seul gonfle le torse, et crie haut et bien fort, que seul il pourra 

dépasser les dieux, l'âme, la source de la vie


La Nature est un temple

nous sommes misérables, 

je demande pardon je remercie la Terre d'être présente

grâce au Tout, au Soleil et la nuit, à l'eau la pierre le sang de mes ancêtres,

je remercie, bêtement, comme l'animal que je suis, tout ce qui m'a nourrie 

alors que je ne vaux rien

face au vent, au ciel, à la pluie de l'été, au foyer de l'hiver


15 avr. 2026

Glisse le vent

 sans quoi que serions-nous?

je glisse pareille à lui

il a rompu l'histoire

déchiquetée l'histoire

dans l'amer m'a jetée

éblouie des ombres je traverse

sans espérer l'éclair

glisse le vent et tout redevient noir

comme la mort 


Or non. Découragée on reste droit, un I, entre le saule quand il faudra courber, et le chêne quand on devra monter plus haut sans faillir


La mort est un encouragement pour demain

je sais que la douleur ici n'est jamais éternelle puisque la douleur est d'ici;

J'ai eu mal. J' aurai mal.

Le plaisir au même titre, comme un  miracle, advient comme un miracle

je les vis, la douleur, les orgasmes, la tristesse la joie 

on sait, je disparaitrais avant qu'ils meurent

Mon histoire il est bon de la réciter entre forêts, loup, grand mère et mariage, beaucoup d'enfants;

Mon histoire a des nuits pour suer, lutter, combattre,

des jours qui se répètent et que nul ne sache que nos coeurs s'auditionnent 

parfaits 

le vent je l'attrappe et je vois le monde du haut resister et je pars de lui

je repars vers lui je le sens je repars

8 avr. 2026

Les idées ont changé

 Hier le noir le vert a surpris le matin

On annonçait l'angoisse, la joie s'est partagée

en mille bourgeons au moment de s'éclore.

Un oiseau répond à la musique de l'arbre

qu'éclaire le vent, une autre langue se superpose plus vive dans le rythme

la mésange trille le pic-épeiche pleupleute

la fugue enfle et devient boléro

Doucement la fontaine rend la symphonie plus douce.


La grise mine retrouve son sourire, enfoui, lentement

s'éclaire, 

Claire

31 mars 2026

Chuuuut

 Moi je ne savais pas

qu'on ne pénètre pas un corps comme on viole une résidence

moi je savais pas qu'une chatte déchirée par les crocs de la hyène c'est davantage qu'une maison pénétrée par des voleurs de poules

moi je ne savais pas

et ne sachant pas, j'ai pensé que c'était un peu normal 

je m'en suis foutu qu'on me mette un sexe dans le mien or je ne le voulais pas

je m'en suis foutu et vraiment car je suis devenue femme par un monstre qui ne le savait pas

on a pénétré ce qui n'existait pas

il ne savait pas qu'il violait 

je ne savais pas plus que lui

qu'il se passait ce qui ne passerait pas


27 mars 2026

Ne tâche pas de voir,

et regarde.

Ne t'efforce pas d'écouter, et entends.

Ne cherche pas le signe, il est là. 

Ne t'attarde pas sur la route, profite du chemin.

Ne vise pas le but, souris de ton ivresse.

J'ai levé les yeux, le ciel tendait un nuage en forme d'un être enfui

la forme disait l'invisible. J"ai répondu de ma petite joie

qui remplit tout le coeur. 


Il faut bien reconnaître que je suis souvent peu digne des cadeaux qu'on me faits.

Il faut que je revoie mes partitions. Celle qui se nomme Amour, la première.

Les peurs me tétanisent et je ferme les portes. Je suis bien niaise en ces cas là. Je me défends et mes armes sont poreuses.

Trop pleine d'émotions, et de sensiblerie. Ancrée à elles pour rassurer le petit le si petit corps que je suis. 

19 mars 2026

La créature

 a jailli et de sa bouche elle a mis bas 

une forme bizarre une sorte d'algorithme en substance

les muqueuses parlaient en formes innommables

Il s'agissait d'un feu de langage sans mots

on entendait des couleurs

on voyait puruler les odeurs organiques de stupre 

les suées de cauchemar végétal 

On sentait son image déjà partie

Non pas qu'elle soit ignoble à l'image de son géniteur

La  progéniture ne pouvait qu'engendrer la compassion ou le dégoût ou

une étrange tendresse 

Elle était juste un Autre. Le miroir ne pouvait appréhender sa forme puisqu'elle était une musique sans harmonie ni capharnaüm

Rien ne pouvait la reconnaître, l'identifier, elle n'aurait pas de nom

ou l'Impossible. Seul pour jamais. Isolé l'Impossible ne pourrait trouver un compagnon pour demander pardon, pour pleurer, pour trouver le courage qu'il faut quand 

seul à tout, dans tout, partout

on existe sans repos. Sans se reconnaître

L'Impossible n'aurait pas la mesure de supprimer ce qu'on nommerait un coeur. Puisque le coeur n'était qu'un  rythme en bleu ou gris, une explosion magnétique

une mixture sans couleur nommée

L'Impossible échapperait à ce qui est possible de baptiser

échappant même à la mort désirée ou la vie simplement.

16 mars 2026

Faillir

 j'ai failli retourner en arrière

faillir c'est tendance on fait des témoignages

en pleurant sur le sort qu'on nous a indiqué

un diagnostic qu'on aime étendre 

sur notre peau trop sèche

comprenez j'ai la maladie qui n'en est pas une

je suis faible d'esprit je suis réincarnée dans le carcan marital

c'est tellement bien de vivre avec un homme une femme et les enfants

c'est si bon de se sentir utile quand tout part à vau-l'eau

J'ai failli et c'est un point final. On aurait voulu mieux

un destin plus aimable et tranquille

j'ai failli et c'est impardonnable

à l'aune d'une médaille au monde écarquillé 

un salto et des quadruples axels

tout laissé sur la glace un patin a glissé comme un diable 

et tout tout fut détruit pour une glace qu'un patin a nié

13 mars 2026

Après tout ce n'est qu'un chat

 Après tout en effet ce n'est qu'un chat qui peut demeurer seul quelques heures

et d'ailleurs quelques jours aussi Après tout ce n'est que moi auss

je peux demeurer seule des heures et puis des jours et puis 

qu'est ce qu'on en a à foutre de moi avec mon chat

Ce n'est qu'un chat qui peut rester tout seul et moi seule avec le chat

et je ne suis que moi après tout sans mon chat ou avec

qu'est ce que ça change 

de bouffer pendant des heures pendant que mon ami le chat qui n'a rien demandé

surtout d'être seul comme un peu animal

 et moi je vaux moins que lui 

 je suis une anormale

attachée même pas

je m'en fous de noël de Pâques et tout le reste

où on bouffe à ras bord pour remplir le vide qu'on remplit un jour où tout est férié

une chorale harmonieuse, réunion de famille

jaune on ne donne le change, on croit que c'est facile alors je m'habille

C'est marrant comme un mépris de classe, d'espèce, de race et de conscience

c'est drôle comme on ignore qu'un chat n'est pas qu'un truc qui miaule et fout des poils

sur un tapis bien propre

on se fout de savoir que sans lui je ne sourirai plus

puisqu'il sauve ma vie

de conne au demeurant

il sauve ce qui n'est qu'une vie avec un animal devenu compagnon

et qui peut rester seul comme je reste seule des heures, des nuits 

je souris au demeurant de ma lutte

la vie c'est une lutte et Pâques, Noël, donnent le change

d'être encore en vie, de parler comme il faut, de prévoir la suite

de donner le change une fois la fête terminée à l'heure où les invités repartent

en couple dans leur voiture ou leur chez eux 

dans leur façon de vivre

nous sommes un animal , un chat, une fille qui jamais ne sera forte

mais la fête est terminée et je reprends le train 

il n'est qu'un chat et je suis imbécile d'aimer mon compagnon

je ne suis pas même unique sans lui je serais morte. Avec je suis là, avec lui

 reste forte.

forte


11 mars 2026

Il semblerait

 que je veuille prendre un chemin sans issue.

Il semblerait que j'aie envie de vivre dans un mur écroulé pour une liberté mondiale

il semblerait que je n'aie pas les épaules pour devenir aussi libres que les Hommes devenus libres

à force de courage

Il semblerait que- et je suis désolée si désolée de n'avoir pas le courage- je ne sois qu'une feuille

innommable, car nul n'a pu la voir tant elle était calcinée par un soleil déjà mort

elle a voulu dire merci elle a tenté

je suis tentée de dire que tout peut être courageux

définivement 

juste si on réussissait à se faire une place, même tombée au sol

au milieu de marrons encore encoquillés encore sous la bogue qui leur tient d'armure

leur bouclier

Il semblerait que - et je suis désolée- je n'aie pas pu devenir la feuille dont j'aurais voulu porter le nom

Il semblerait qu'aujourd'hui tout m'indiffère

quand rien n'est autrement qu'un rien qui donne tout

la grâce du soleil, la force de la pluie, la sphère du nuage aux contours mystérieux

où un visage, un corps, leur absence

la grace de l'éclair, d'un instant fabuleux

mêlé à l'univers

rien et tout qui surgit la saveur d'aimer aimer aimer aimer

redeviennet un nuage mystérieux paisible fabuleux

avec tant de courage au milieu d'un azur

trop facile à connaître

l'azur trop devinable et la vie qu'il faut vivre

comme on est amoureux

9 mars 2026

Feu.

 Il est étonnant ce mot. Feu. Qui reprend, et la joie renaît. Ce feu si ardent qu'il oublie qu'il pourrait consumer mais pour l'instant réchauffe. Ce feu qui dans le ventre permet de ressurgir. Ressusciter nos cendre.

Mais feu qui dans ce même vocable dit la disparition, celui de sous la terre, disparu, consumé.

Ce feu qui revient dans le corps comme une énergie formidable veut-il aussi nous signaler que nous sommes si peu de temps, oui nous sommes si peu bientôt déjà en cendres.

Notre langue insiste.

Je suis en feu, en flammes, je suis une chienne un cheval une femme un ciel un espace une folie une joie.

Je suis en flammes

et consumée je serai sur l'autel où tout est joué, où on prononce les mots de paix et de prières.

Notre langue est une bulle qui nomme le miracle d'être dans un corps qui finira bientôt.

Un petit moment entre naître et finir.

Un feu de joie. Et le feu de la peine quand tu viens de mourir.

21 févr. 2026

Polar

 Elle a violé l'accès interdit. A pénétré une cour intérieure invisible.  Elle s'est enfouie dans une végétation fantastique. trop d'odeurs inutiles, trop de fluides mauvais. Elle a continué, elle préférait poursuivre la route plutôt que d'avouer sa paresse à devenir. 

On sait quand c'est irrécupérable. On sait. Il faudrait pouvoir recommencer. Dans l'oeuf. Mais l'oeuf a éclaté. Et même débile on essaie, on veut, on persiste. La mère est là pour nous tenir, nous dire les mots d'amour. La beauté, l'intelligence c'est nous. On veut on essaie on continue. La mère fait semblant de croire qu'on éclatera aussi pour les autres, la société, la vie. 

Impénétrable longtemps, tout est devenu limpide. 

Elle a pénétré l'interdit. Nagé dans le mauvais, le bitume. On ne refait pas l'histoire. Le corps sait davantage. Lui a tenté, a persisté, a essayé de sortir le feu des marécages. Quand le corps décide, c'est la fin.

Exister c'est devenir.

Je ne dirai plus "Je". 

"Je" est un pronom qui n'a pas su se construire, s'affirmer. Etre simplement.

L'écriture ne soulage rien. Pire, elle prononce ce qu'il aurait fallu être. A savoir dire JE. 

On attend un appel pour comprendre son attente, son désir, sa faculté à aimer.

On regarde les autres, on se dit qu'on pourra entrer en résilience. La nuit, on refait la veille et le jour nous dément.

On aurait dû être. 

Cependant le chat ronronne à mes côtés.

6 févr. 2026

Mise à l'épreuve.

 J'accuse celle que je suis quand une autre apparaît malgré celle que je suis;

Compliquée?

Non. 

Une dissociation me permet de savoir que tout n'est pas dû. Malgré la souffrance. Non, pas celle de l'âme, justement le corps trop oublié dénigré, c'est lui qui me rappelle que je suis ici. 

Ici. 

Je pourrais en rire, m'en foutre.  Il est fou de savoir qu'on est une folle. Ici. Et ailleurs. Ici, il faut s'y faire. L'âme est perverse. Elle est le Diable. 

La honte,  la mienne et celle de ceux qui sont chers. Pénitence. Pire que la haire, pire que la discipline, pire qu'un emprisonnement qui dédouane et répare.

Interdite au coin. J'ai triché. Je paye. 


30 janv. 2026

Tout allait bien

 L'écriture était droite, alignée en juste proportion

les courbes étaient arrondies, les majuscules des clés de sol.

Tout était bien, carré et tournait rond.

Je récitais des poèmes avec des automnes, des cancres qu'on aimait, des oiseaux qu'on libère.

Je dessinais le soleil et les feuilles jaunies. Le modèle suivait des lignes sans ratures. En marge le rouge parlait d'un ensemble "satisfaisant honnête". Pas de glorieux "bien" mais des "vu" qui l'entendaient.

A cette époque être droit était dans le devoir de tout écolier lambda.

Et puis, les cheveux sont coupés, et l'écriture devenait mauvaise, tremblante. Les pattes de mouches faisaient des tas monstrueux dans la poésie. Je comptais trop sur les autres. Je dissipais l'entourage. 

Ma main droite dysfonctionnait et on ne croyait pas la gauchère. Les symétries devinrent une torture. Et ma tête pensait à quelque chose de mensonger. On rompait la structure et je me suis défaite. Et il a fallu mentir, dire que je savais quand je ne savais plus

écrire dans les lignes

dessiner le printemps

les familles heureuses réunies

Les cheveux coupés, j'ai cru un moment savoir qui j'étais devenue.

Mais je mentais, trichais, voyais plus gros que mon ventre de 6 ans. Je devenais cette honte qui s'affiche sur l'estrade. J'étais dans le coin, pleurante mais le mal était fait.

Les bons points confisqués, l'encre bafouillait de plus en plus, je prenais trop d'"espace, j'échappais au projet assigné. Tout s'est déraillé. Tous les jours un accident de la conduite apprise en théorie. Il s'agissait d'un avortement de pratique jadis intégrée discipline desincarnée.

Rupture majeure dans la construction mentale. Je divorçais de celle que j'étais. Le modèle prenait feu et je me foutais des carreaux, après tout j'étais brouillon. Et c'est déjà pas mal quand le coeur est fendu. 

Le coeur était fendu, et la colère s'épaissit. Une glu empêtrait mes gestes et les désirs. Je ne voulais plus devenir. 

Abdication. 

Tout était sali. Le mal était fait. 

26 janv. 2026

A seize heures pour avoir 16 ans

 j'ai fermé les yeux je me suis endormie

pour penser à celle que j'étais, j'ai eu seize ans hier,

je frôlais le miroir sans le regarder, je suis allée au lycée je pensais l'avenir ouvert triste mais

du courage j'en avais hier je me suis endormie à l'heure du goûter

à l'heure des biscuits, à l'heure d'un grand lait froid

j'ai pensé en dormant que tout aurait pu être autrement

mais qu'il en a été ainsi et qu'il est comme ça ce que je suis désormais

qu'il reste un peu de temps pour défaire les peurs, les tourments, et surtout le savoir

Je ne sais plus les conjugaisons latines

je ne connais plus l'histoire d'Ulysse et des Atrides

Je ne connais plus comme le cyclope a cru qu'Ulysse était Personne

et qu'il a crié comme un fou Personne Personne et je le suis devenue

Personne sans Argos pour me reconnaître

quand je reviendrai là où il faudrait être

sans la cicatrice au coeur invisible 

à ceux qui ont mieux vécu, en angles droits, en lignes claires

Mon prénom c'est le destin qui s'est inversé, clair devant-derrière

obscur et sinueux

Mais la lune à seize heure reste là 

elle veille elle prend le corps du coeur inanimé

dépourvu. A seize heure et demi, j'étais comme en hiver

et grand-mère était morte.

La lune m'embrassait.

25 janv. 2026

Un poing dans la gueule, un point à la ligne.

 J'ai déchanté, sans désenchantement.

J'ai pris un poing dans la gueule. J'ai rentré la honte dans mon sac où j'avais la main.

Pris le coup rentré mon cou baissés les yeux baissés à terre

déchanté normal reçues les leçons du mec aux yeux de papa pas content

pas bien ouvert mon sac où j'avais la main

je l'aurais coupée si j'avais le cran mais moins grave

coupés les cheveux serrée la gorge asphyxiées mes nuits

les yeux moqueurs, les yeux des gens responsables 

ceux dont les épaules tiennent la tête

Avalée non digérée la honte et le sommeil parlons en le sommeil

La nuit je tue sans vouloir je marche sur le mort démembré dans la flaque viscères et sang

et on constate, j'écris "c'est moi pardon je voulais pas mais c'est bien moi  moi qui conduisais, j'ai pas voulu j'ai écrasé

je reprends le volant ça dérape aussitôt rebelote j'écrase le mort déjà tué

rebelote 

rebelote

la main dans le sac

visible aux yeux de pères pas contents, aux yeux moqueurs des têtes sur les épaules droites

je courbe décidément j'enfonce le futur

fonction négative, équation sommaire à deux inconnues: moi et celle que je deviens.

Hop. Tangente qu'on sait bien reprendre la même main dans le sac demain dans le ressac

encore, encore. La honte et le sommeil factice. Tout est factice. La promesse, la Parole, ma main et la langue dans ma poche.


20 janv. 2026

une émotion et la base

 As tu senti non et bien sûr

oh je redresse ma colonne 

je te vois chantant mieux et puis les autres dansent car vous faites danser

je suis heureuse dans et parmi les autres je danse

je m'éteins, je m'épuise je reste flaque

et suis vivante!

sans toi sans eux, j'ai dansé car ce qui a compté

c'est moi dansant dansante et toi dans mon coeur

sans la fête moi dansant et toi sous l'arbre qui regardait

danser une fille un peu débile et si légère qu'on aurait dû penser

qu'elle n'était pas comme il faut pas comme les autres pas comme ceux qui veulent des carrés dans les ronds les ronds sans les étoiles les ronds ou les carrés

sans étoile pas un rond sans le carré le carré sans le rond

ne touchaient pas l'étoile 

celui qui  réconcilie l'homme 

l'étoile est loin nous dit ce qu'il faudrait pour que la nuit existe alors que des étoiles ne cessent de naître

et la nuit! Et la nuit pourtant la nuit est noire, qui comprend que la nuit nous apprenne le noir

quand scintillent les étoiles qui devraient l'éclairer?

Tu sais tu as affaire à une femme qui aimerait

traverser les étoiles franchir les passions

qui aimerait comprendre pourquoi on devient con, étriqué, et mauvais

une fille qui deviendra ou ne saura pas tenir la main d'un homme sûr

une fille qui préfère le silence et la nuit, et parler trop au lever du soleil,

Même le soleil fatigue, cela me donne le courage de soulever le rond parfait qui naît 

oui quand le soleil est fade, j'ai la force de le hisser plus haut que nos cercles
Diamettre Pi au carré

Pi à savoir : 3,141592653589793

j'ai la force de Titan poour qu'un cercle parfait dessine le ciel des hommes , c'est vrai. Oui c'est réel. J'ai de la force pour que les violettes de février sentent la violette, que le muguet jaillisse en sentant l'odeur des premiers mai,

J'ai cela. juste pour toi. Mon amour. Sans prétention. Je sais donner un sourire à ceux qui n'en ont plus. Oui. De cela je suis capable. D'aimer celui surtout qui en tout détestable et deviendra meilleur à mon contact, à mon amour . Insatiable. Mon Amour absolu, qui donne tant à celui qui peux le recevoir. Entourer sa folie.

Toi , tu es capable de ce que nul ne sait accueillir. Tu es, et tu sais. Tu sais. Sinon tu ne serais pas mon amour. Fragile, heureux, nous sommes si heureux quand nos sommeils épousent le present.

Je suis folle d'amour. Ou je suis une morte. Des fois j'aimerais. Etre folle ou mourir. Je préfère la folie. Pour t'aimer. Toi. 

je suis improbable, j'essaierai de devenir meilleure,  je te jure.

16 janv. 2026

Faillite

 Je n'ai, je ne veux plus les mots de pacotille qui disent un sens et le contraire.

Je n'ai pas péché, j'ai failli, j'ai fait semblant, j'ai rompu le pacte.

Quoi le monde?  Le Monde se distingue par continents, frontières, possessions

j'ai volé.

J'ai volé ce que je ne voulais pas.

Luin sans comprendre, a ri, a dénigré, il avance LUI

Je recule. Le crabe. Un cancer qui a la queue du scorpion.

Je recule et je veux vivre.

Lui traverse le temps, avec un peu de tout.

L'amour entre deux signes.

Le sexe entre deux feux.

12 janv. 2026

Le givre étoilait les sapins

 je marche je regarde les pieds s'enfoncer les pieds

crissent dans la neige j'aime le bruit de la neige 

enfoncée sous les pas

Crisse la neige sous mes pas

Se figent et avec 

l'empreinte des semelles 

j'aime entendre lève les yeux

le ciel pur rend meilleurs mon âme mon esprit

le soleil éblouit mes pas continuent la neige épaissie sous la marche

je vois les pas former des ondes devenues glace bientôt

je souris de l'hiver entre lumière et ombres

entre neige absolue et soleil sans chaleur

je regarde la marche former un chemin qui évite le drame

d'une chute nouvelle

j'ai ri d'elle froide dans la neige 

j'ai ri souri les trottoirs sont en biais j'ai viré sous la glace

glacée par le froid

j'aime le froid d'hiver dont la glace sournoise 

fait des farce à la glace 

Aux éclats j'ai ri de lumière

j'ai glissé quoi de mieux en hiver

glisser sur la glace et regarder en face

le soleil froid d'hiver


11 janv. 2026

J'ai pensé j'ai saisi

Il était devenu livide et puis fantôme;

Comme il s'agissait de corps subtils il préféra d'être vaporeux

aussi, il disparut.  La mémoire, la Nôtre devait faire son travail en même temps que son deuil.

Il fallait travailler à l'enfouir plus profond qu'il ne l'était, plus éteint, plus disparu dans nos coeurs.


Un deuil on ne le fait pas. Il travaille de lui-même. Ou il pourrit, ou il sèche. Selon ce qu'il désire.

Brûler, mettre sus terre, disperser, tu le sais Olrik, que ton crâne n'y pourra rien changer

les souvenirs, les regrets, les prières


Il fallait vivre. 

On l'a  fait. Ou on n'a pas vécu. 

Assume que tu n'as pas été à la hauteur du disparu.

Assume. Ou meurs. 

Ou pourris. 


Tout est simple. Si simple qu'on cherche des synchronicités, des messages, des soutiens.

Mais non. L'existence cynique fait comprendre que si on ne sait rien , tout est là, quand on peut. Tout est là quand les coeurs battent encore. 

Je crois qu'il me faut admettre, que je suis assez minable. Non, je le suis. J'arrête de leurrer mon esprit en pensant que l'univers me distingue. L'Univers, Dieu, Satan ont bien mieux à faire que s'occuper d'un être lâche et qui n'a rien voulu, sauf espérer qu'on le sauve. On ne sauve pas qui s'est perdu.


Courage. Et vivons, du mieux que l'on peut. Ne regrettons pas qui nous sommes. Soyons ce que l'on est. Ce sera déjà bien. Mieux qu'un baiser sans l'odeur d'une mère. J'aimerai.


2 janv. 2026

Ciel triste

Journée telle qu'on devinait au travers de la brume

qu'elle se lèverait tôt ou tard

Ciel indubitable rayé d'un nuage en losange

Etale, un bleu perça le doute.

Je voyais du mauve dans les pins étoilés par le givre.

Le soleil déchira la mélancolie.

Et ce même ciel soudain retrouva son nuage.

Il fit venir les autres, qui devint gris, sombre et froid.

Humide, la pluie tomba en neige

longtemps

elle recouvrit le sol 

et le givre des pins

Le premier la glaça, 

Elle, durcie, l'épousa

Encore. Elle, au nom de Lui, fit un voeu.

Lui, à son Nom, prononça "Pour toujours"

Il et elle embrassent la terre au nom du Ciel

Sur le givre assuré, certain de sa force, repose la neige légère 

les deux couches lointaines forment un nouveau monde

Au centre, les aiguilles de l'arbre qui en été

nous prennent dans un vert

aux odeurs de pommes.

Les aiguilles sous les pieds nous marchons doucement

en été, son matelas moelleux, approfondi du passé de l'hiver

crisse

L'été tôt ou tard se lèvera. Et nous aurons trop chaud

le matelas d'aiguilles sous nos pieds alanguis.