J'aimerais le courage
19 mai 2026
Tout est bien
11 mai 2026
Descente
J'étais dans une sphère tendue, d'urgences en urgences
bâclées dans le travail
précipitée
Nerfs en feu, mains tremblantes, instatisfaites, malheureuses de leurs gestes
impatiente irritable
brûlent tout le soin à faire les choses bien, belles les choses
Descendue comme une chute
imprévisible atterrissage au matelas propice
à recueillir l'angoisse les peines puériles
Une chute violente jusqu'à sentir le sol fait de paille et coton
un duvet ferme et dense
une paix maternelle
qui accueille l'enfant
indocile incapable de se tenir
en sa place d'enfant
La cervelle assommée par les bras de la paix
qui recueille les larmes, celles qu'on ne verse pas
le giron d'un arbre centenaire que je caresse encore
un arbre centenaire une mère et c'est là
le paysage intérieur a apaisé la souffrance débile
qu'on a quand on a rien vécu.
Sans aucun mirage,
un arbre centenaire une mère la nature insatiable
de Beauté permanente
Insatiable Beauté de la Nature sauvage
1 mai 2026
Soudain la Nature nous rappelle
que l'Homme est une ombre gonflée d'orgueil
une grenouille politique, qui voudrait détruire la mare qu'elle occupe,
et le nénuphar fleurit dans un éclat de rire,
Un croassement ne vaut rien s'il est seul.
L'Homme seul gonfle le torse, et crie haut et bien fort, que seul il pourra
dépasser les dieux, l'âme, la source de la vie
La Nature est un temple
nous sommes misérables,
je demande pardon je remercie la Terre d'être présente
grâce au Tout, au Soleil et la nuit, à l'eau la pierre le sang de mes ancêtres,
je remercie, bêtement, comme l'animal que je suis, tout ce qui m'a nourrie
alors que je ne vaux rien
face au vent, au ciel, à la pluie de l'été, au foyer de l'hiver
15 avr. 2026
Glisse le vent
sans quoi que serions-nous?
je glisse pareille à lui
il a rompu l'histoire
déchiquetée l'histoire
dans l'amer m'a jetée
éblouie des ombres je traverse
sans espérer l'éclair
glisse le vent et tout redevient noir
comme la mort
Or non. Découragée on reste droit, un I, entre le saule quand il faudra courber, et le chêne quand on devra monter plus haut sans faillir
La mort est un encouragement pour demain
je sais que la douleur ici n'est jamais éternelle puisque la douleur est d'ici;
J'ai eu mal. J' aurai mal.
Le plaisir au même titre, comme un miracle, advient comme un miracle
je les vis, la douleur, les orgasmes, la tristesse la joie
on sait, je disparaitrais avant qu'ils meurent
Mon histoire il est bon de la réciter entre forêts, loup, grand mère et mariage, beaucoup d'enfants;
Mon histoire a des nuits pour suer, lutter, combattre,
des jours qui se répètent et que nul ne sache que nos coeurs s'auditionnent
parfaits
le vent je l'attrappe et je vois le monde du haut resister et je pars de lui
je repars vers lui je le sens je repars
8 avr. 2026
Les idées ont changé
Hier le noir le vert a surpris le matin
On annonçait l'angoisse, la joie s'est partagée
en mille bourgeons au moment de s'éclore.
Un oiseau répond à la musique de l'arbre
qu'éclaire le vent, une autre langue se superpose plus vive dans le rythme
la mésange trille le pic-épeiche pleupleute
la fugue enfle et devient boléro
Doucement la fontaine rend la symphonie plus douce.
La grise mine retrouve son sourire, enfoui, lentement
s'éclaire,
Claire
31 mars 2026
Chuuuut
Moi je ne savais pas
qu'on ne pénètre pas un corps comme on viole une résidence
moi je savais pas qu'une chatte déchirée par les crocs de la hyène c'est davantage qu'une maison pénétrée par des voleurs de poules
moi je ne savais pas
et ne sachant pas, j'ai pensé que c'était un peu normal
je m'en suis foutu qu'on me mette un sexe dans le mien or je ne le voulais pas
je m'en suis foutu et vraiment car je suis devenue femme par un monstre qui ne le savait pas
on a pénétré ce qui n'existait pas
il ne savait pas qu'il violait
je ne savais pas plus que lui
qu'il se passait ce qui ne passerait pas
27 mars 2026
Ne tâche pas de voir,
et regarde.
Ne t'efforce pas d'écouter, et entends.
Ne cherche pas le signe, il est là.
Ne t'attarde pas sur la route, profite du chemin.
Ne vise pas le but, souris de ton ivresse.
J'ai levé les yeux, le ciel tendait un nuage en forme d'un être enfui
la forme disait l'invisible. J"ai répondu de ma petite joie
qui remplit tout le coeur.
Il faut bien reconnaître que je suis souvent peu digne des cadeaux qu'on me faits.
Il faut que je revoie mes partitions. Celle qui se nomme Amour, la première.
Les peurs me tétanisent et je ferme les portes. Je suis bien niaise en ces cas là. Je me défends et mes armes sont poreuses.
Trop pleine d'émotions, et de sensiblerie. Ancrée à elles pour rassurer le petit le si petit corps que je suis.
19 mars 2026
La créature
a jailli et de sa bouche elle a mis bas
une forme bizarre une sorte d'algorithme en substance
les muqueuses parlaient en formes innommables
Il s'agissait d'un feu de langage sans mots
on entendait des couleurs
on voyait puruler les odeurs organiques de stupre
les suées de cauchemar végétal
On sentait son image déjà partie
Non pas qu'elle soit ignoble à l'image de son géniteur
La progéniture ne pouvait qu'engendrer la compassion ou le dégoût ou
une étrange tendresse
Elle était juste un Autre. Le miroir ne pouvait appréhender sa forme puisqu'elle était une musique sans harmonie ni capharnaüm
Rien ne pouvait la reconnaître, l'identifier, elle n'aurait pas de nom
ou l'Impossible. Seul pour jamais. Isolé l'Impossible ne pourrait trouver un compagnon pour demander pardon, pour pleurer, pour trouver le courage qu'il faut quand
seul à tout, dans tout, partout
on existe sans repos. Sans se reconnaître
L'Impossible n'aurait pas la mesure de supprimer ce qu'on nommerait un coeur. Puisque le coeur n'était qu'un rythme en bleu ou gris, une explosion magnétique
une mixture sans couleur nommée
L'Impossible échapperait à ce qui est possible de baptiser
échappant même à la mort désirée ou la vie simplement.
16 mars 2026
Faillir
j'ai failli retourner en arrière
faillir c'est tendance on fait des témoignages
en pleurant sur le sort qu'on nous a indiqué
un diagnostic qu'on aime étendre
sur notre peau trop sèche
comprenez j'ai la maladie qui n'en est pas une
je suis faible d'esprit je suis réincarnée dans le carcan marital
c'est tellement bien de vivre avec un homme une femme et les enfants
c'est si bon de se sentir utile quand tout part à vau-l'eau
J'ai failli et c'est un point final. On aurait voulu mieux
un destin plus aimable et tranquille
j'ai failli et c'est impardonnable
à l'aune d'une médaille au monde écarquillé
un salto et des quadruples axels
tout laissé sur la glace un patin a glissé comme un diable
et tout tout fut détruit pour une glace qu'un patin a nié
13 mars 2026
Après tout ce n'est qu'un chat
Après tout en effet ce n'est qu'un chat qui peut demeurer seul quelques heures
et d'ailleurs quelques jours aussi Après tout ce n'est que moi aussi
je peux demeurer seule des heures et puis des jours et puis
qu'est ce qu'on en a à foutre de moi avec mon chat
Ce n'est qu'un chat qui peut rester tout seul et moi seule avec le chat
et je ne suis que moi après tout sans mon chat ou avec
qu'est ce que ça change
de bouffer pendant des heures pendant que mon ami le chat qui n'a rien demandé
surtout d'être seul comme un peu animal
et moi je vaux moins que lui
je suis une anormale
attachée même pas
je m'en fous de noël de Pâques et tout le reste
où on bouffe à ras bord pour remplir le vide qu'on remplit un jour où tout est férié
une chorale harmonieuse, réunion de famille
jaune on ne donne le change, on croit que c'est facile alors je m'habille
C'est marrant comme un mépris de classe, d'espèce, de race et de conscience
c'est drôle comme on ignore qu'un chat n'est pas qu'un truc qui miaule et fout des poils
sur un tapis bien propre
on se fout de savoir que sans lui je ne sourirai plus
puisqu'il sauve ma vie
de conne au demeurant
il sauve ce qui n'est qu'une vie avec un animal devenu compagnon
et qui peut rester seul comme je reste seule des heures, des nuits
je souris au demeurant de ma lutte
la vie c'est une lutte et Pâques, Noël, donnent le change
d'être encore en vie, de parler comme il faut, de prévoir la suite
de donner le change une fois la fête terminée à l'heure où les invités repartent
en couple dans leur voiture ou leur chez eux
dans leur façon de vivre
nous sommes un animal , un chat, une fille qui jamais ne sera forte
mais la fête est terminée et je reprends le train
il n'est qu'un chat et je suis imbécile d'aimer mon compagnon
je ne suis pas même unique sans lui je serais morte. Avec je suis là, avec lui
reste forte.
forte