sur mes livres d'enfant, dans la bibliothèque
parfumée d'encens de camphre et naphtaline
ont écroulé le passé sans histoire mais qui me construisait.
Je devais traverser un chemin où des crocodiles veillaient
j'ai passé l'épreuve des caïmans plus petits moins énormes
en me faufilant sur le côté d'un chemin sombre boisé
et ensuite
de peur j'ai baissé la tête j'ai rampé sur les bords
Le chemin grandissait et ma peur la bête
comme lui a gonflé
Les crocodiles aussi et ma peur la bête
rapetissait mon corps
idiot de peurs et de nausée
Tapies dans l'ombre de la tourbe
noire d'étangs crevés
deux dents saillaient, les monstres me guettaient
Des carapaces glauques montraient leurs gueules
préhistoriques
les monstres gigantesques devinrent fous
Je crevais e
t les crocs agrippèrent mon âme
si j'en avais bien une, d'âme
celle qui détestable me donne des vertiges
de fille vierge
Les monstres plus larges que des routes
fusaient des météores noires
gerçaient ce qu'il reste quand on revient mauvaise
de l'école
pour une note passable
à savoir prononçait
ce que je pensais tout bas:
Médiocre c'est bien le pire quand on veut les sommets
et davantage les gouffres
Médiocre je l'étais
et les alligators savaient que je l'étais
Tapis dans leur ombre
riaient
Pareille je savais
que tout s'écroulerait:
la bibliothèque aux sapins calcinés, aux livres d'enfant roi, aux héros sans exploit
et tout s'est écroulé.
La mère inquiète ou plutôt morte
d'inquiétude
parce qu'elle savait très bien plus forte dans le fond
que j'étais son contraire
elle savait bien au fond que la fragilité
est une espèce en voie de disparition.
Alors sous les pages d'épines
calcinées
j'ai ainsi disparu.