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1 juin 2026

Monde intérieur

 Il suffit de voir son intérieur pour vouloir regarder autour.

C'est si simple et bonjour serait trop dur

Il suffit d'imaginer un système digestif ana

rchique les pensées sans tenue

sans pouvoir retenir ce qu'on devrait pourtant tenir

retenir (le feu les larmes la terre et puis ce qui nous donne de l'air)

taire ce qu'on devrait savoir et surtout à nos âges 

qui indiquent qu'il n'y a plus d'enfant à venir

dans la cour 

dans le coeur

des gens bien comme il faut

il ne faut pas quand on a la fièvre 

prononcer les mots sortis d'une soupape à la retraite

l'article de la mort

Je rumine un instant qui voulait l'enthousiasme 

S'étalent cynisme le jugement

de ceux qui savent 

et ceux sans orthographe décident que 

les plantes 

les arbres 

prononcent la vie est belle

La vie est belle

quand sait-on vraiment  ce qu'on aimerait devenir?

Débâcle

Ils étaient trois et ma tête dans le café, je suis morte de honte

et plus je m'amendais

et pire on me toisait


Je pensais qu'il faudrait me calmer

recoudre mon narcisse

or il était noyé.

Je pense avoir été d'un courage absolu

mais ce ne fut pas grave ce fut

la petite goutte qui malgré elle

a fait dégueuler le si peu de rage en moi

le triangle isocèle dont je savais les lois

j'ai tout perdu un matin de septembre.

C'était à une table où le petit déjeuner grec 

a ouvert la journée

sous les auspices grecques

magique le petit bateau

faisait le tour d'îles plus belles que le chant des sirènes

je sautais et la mer

la mer recommencée a fini. La mer s'est finie.

La honte n'était pas lavée, leurs façons de me dire que je n'étais pas digne

leurs façons 

leur mépris

je devins si maladroite qu'ils étaient si heureux 

d'avoir deviné et mieux

d'avoir su 

de savoir mieux que moi

qui j'étais.

Je crois beaucoup aux autres surtout si leur parole est haute et sans l'ombre du doute.

Pardon, j'ai demandé "PARDON" 

Alors forcément 

ils m'ont dit comment mettre le linge sur le fil à linge

ils m'ont donné les pinces à linge que je tende le linge.

Comment mettre la table. Je mettais les fourchettes à gauche ils les voulaient à droite. J'ai les codes savent ils, mais non ne soupconnent pas: les couteaux sont à droite, etle pain à l'enverse une malediction

et on ne lèche pas son couteau. 

Les couteaux furent à gauches et les fourchettes à droite. 

Ils m'ont dit de ne pas mettre de moutarde dans la vinaigrette

ni d'ail  ( mon ail n'était pas comme il eût fallu qu'il fût

trop lourd trop cru trop mal cuit quant tout doit etre digeste.

ils m'ont dit de ne pas m'occuper des repas qu'ils ne digéraient pas.

Ah j'aurais pu en rire, danser, éclater de mépris. 

Or ils devaient dormir. Le port était bruyant, et les bateaux surtout. Leurs vacances foutues. 

Je suis sortie, et le squatt des migrants, plus joyeux que leurs âme m'ont offert un verre d'eau. J'en étais ivre, alors en ouvrant la porte de notre maisonnée, je me suis cognée dans le coin de la douche, je saignais de la lèvre

l'arcade sourcillière pissait un liquide pourpre 

et lalgré la lune bleue

elle pissait rouge

j'avais fait du bruit, ivre de leur verre d'eau qu'on m'avait offert.

Au petit déjeuner, et la table bien droite, et les couteaux à gauche, ils m'ont regardée 

Ils ont dit combien leur nuit avait été mauvaise

j'avais tant fait de bruit

Ma nuit fut étoilée

mais il est vrai qu'en retraite on mérite 

que les bateaux se taisent et qu'on laisse dormir

ceux qui sont bien trop fatigués après tant de souffrances

Claire ô ma Claire, les retraités ne méritent pas qu'on leur vole une nuit

de vacances méritées ils ont tant mérité, un voyage tranquille sans les bateaux d'une ile

une île bien tranquille

sans étrange personne puisqu'il est clair qu il faut bien les reposer

ces gens bien méritants

qui savent mieux que tous

qu'ils savent mieux que nous

En france ils ont vécu. Et leur identité confirme ce qu'ils veulent être



J'ai eu honte quelques semaines.

Et puis comme je suis mieux débile, 

maladroite, et la bouche et le front

tranchés par un coin de la douche

pissant le sang 






30 mai 2026

Les sapins calcinés

 sur mes livres d'enfant, dans la bibliothèque 

parfumée d'encens de camphre et naphtaline

ont écroulé le passé sans histoire mais qui me construisait.

Je devais traverser un chemin où des crocodiles veillaient

j'ai passé l'épreuve des caïmans plus petits moins énormes

en me faufilant sur le côté d'un chemin sombre boisé

et ensuite 

de peur j'ai baissé la tête j'ai rampé sur les bords

Le chemin grandissait et ma peur la bête

comme lui a gonflé

Les crocodiles aussi et ma peur la bête

rapetissait mon corps

idiot de peurs et de nausée

Tapies dans l'ombre de la tourbe 

noire d'étangs crevés 

deux dents saillaient, les monstres me guettaient

Des carapaces glauques montraient leurs gueules 

préhistoriques

les monstres gigantesques devinrent fous

Je crevais e

t les crocs agrippèrent mon âme

si j'en avais bien une, d'âme

celle qui détestable me donne des vertiges

de fille vierge 

Les monstres plus larges que des routes

fusaient des météores noires

gerçaient ce qu'il reste quand on revient mauvaise

de l'école

pour une note passable 

à savoir prononçait 

ce que je pensais tout bas:

Médiocre c'est bien le pire quand on veut les sommets 

et davantage les gouffres

Médiocre je l'étais

et les alligators savaient que je l'étais

Tapis dans leur ombre 

riaient 

Pareille je savais

que tout s'écroulerait:

la bibliothèque aux sapins calcinés, aux livres d'enfant roi, aux héros sans exploit

et tout s'est écroulé.

La mère inquiète ou plutôt morte

d'inquiétude 

parce qu'elle savait très bien plus forte dans le fond

que j'étais son contraire

elle savait bien au fond que la fragilité 

est une espèce en voie de disparition.

Alors sous les pages d'épines 

calcinées

j'ai ainsi disparu.

26 mai 2026

La Joie

qui comme une surface revient

et profonde enracine, se nourrit, envisage le coeur différemment

comme si rien n'était grave et pourtant singulier il est bon de connaître

de reconnaître ce qui est est à savoir qu'il est possible

de devenir meilleur quand tout est accueilli

les brochettes brûlées, les gâteaux sans pareille, le goût imprononcé puisque rien ne dira

qu'une saveur superbe partagée offerte 

peut devenir sublime

la pistache absolue la framboise étalée 

dans l'amande si douce moelleuse si parfaite

rien

le premier melon partagé

je l'ai fait le voeu du premier melon partagé

arrosé de rosé et de bulles

être enivrée

enivre ma façon d'être au monde, ici et simplement

Un frère si rare dont le sourire efface les discours parfaits

sobres sans détours

La Joie de découvrir ce que d'autres misérables

perçoivent des limites

Et nous si misérables

on sait tant qui nous sommes

Enivrés misérables or tellement joyeux

Un sourire et le vin 

Meilleurs qu'une bière qu'on pouvait dire tiède?

Cependant explose notre bouche d'une bière un peu tiède

et soudain fabuleuse

désaltère la bouche et puis la gorge

et le coeur et notre âme.

Incroyable la joie qui envahit nos âmes et nos corps absolus

Ce matin ton sexe s'est dressé, nous nous disions merci

Nous nous disions 

ce qu'aucuns mots ne disent

un miracle sous un  velux fou

Cette joie sans miracle prononce 

"Jouir est notre buisson

 et qu'il est bon d'être qui on est

sans peur du lendemain

et intègres à savoir 

absolument sentir

qu'il est bon d'être là 

juste notre présence

ton sexe dressé et moi dressée sur toi

Se réjouir de l'aventure 

Connaître chaque autre et chaque jour

Surtout toi

Surtout toi cher "je tiens à toi"

Surtout toi si cher qu'il est autre

et moi si différente.

A toi.

22 mai 2026

On recherche la nuit

On appelle, un silence remue

et les voix revenues

surprennent le sommeil

On espère un ami c'est un autre moins fou

qui agite l'esprit 

et nos  songes d'été 

s'éteignent au soleil

naissant et renaissant

On appelle et les ombres 

ricanent. Elles reviendront bientôt.

Les murs cognent nos corps

L'hématome au matin nous dit qu'on a vécu 

dans la nuit qui s'éteint.

Cogné le corps s'agite. Et il ne pourra rien.

J'ai pourtant rêvé de ton architecture

intacte, fabuleuse

tout était absolu, tout était impeccable, net

sans ordure apparente et sans éclaboussure.

Mais qui sait si on est l'ordure d'une autre armée.

Qui sait si l'amour qu'on livre à la patrie

deviendra un bijou un carat un or pur 

Qui sait si des ordures ne naissent pas les fleurs

Ou le contraire et qui sait?

Il nous faut du courage pour affronter nos ombres.

Il nous faut nous armer pour reprendre courage.

La vie a tous les droit.

Naître sur le fumier, butiner les je-ne sais quelle herbe qu'on appelle mauvaise

les chats errants sont ils des ennemis?

Les chiens que les vieux tiennent en laisse

sont-ils plus aimables?


Je domestique le feu qui s'agite et ma tête

commande 

à mon souffle d'apaiser la cervelle

explosée d'une respiration trop électrique

trop folle 

à ma respiration de tenir l'apnée

pour qu'enfin j'apaise le foyer 

qui brûle et me consume.



19 mai 2026

Tout est bien


J'aimerais le courage

qu'ils ont
ceux dont on pense qu'ils n'ont plus le courage
d'être là dans le monde ceux dont on croit
que c'était leur destin
de ne plus être au monde
Ils ont pris leur courage, leur détresse, leurs ombres
et se sont évanouis
pour les mener ailleurs que dans le monde ici.
Ils ont eu le courage
je n'ai pas ce courage
On comprend l'être mort puisqu'il est maintenant mort
Personne n'a plus de doute car on l'avait prédit
les Cassandre reviennent pour dire qu'ils savaient
au vu de ce qu'ils savaient
à savoir pas grand chose
Et surtout rien du coeur
Et de leur âme
au fond. Donc ils ne s'étonnent guère. Pire, ils le savaient qu'un jour
cela arriverait bien
Ils le savaient au fond
Alors quoi? A quoi bon s étonner à quoi bon se morfondre ?
Amère je souris et je pense à celui qui a eu le courage de nous dire
qu'il ne pouvait plus ,
qu'il n'en pouvait plus
et si tu savais comme je suis gâtée mais seule
dans un monde impossible
dans le monde définitivement
dans le monde
j'aimerais son courage
C'est drôle d'être dans ce destin écrit. On se croirait chez les Grecs aux oracles tragiques.
Maintenant les dieux se taisent puisque les hommes savent, et prescrivent comme on jauge une peau malade d'après les ornements.
Comme on sonde le foie quand le coeur est malade.

11 mai 2026

Descente

J'étais dans une sphère tendue, d'urgences en urgences

bâclées dans le travail

précipitée

Nerfs en feu, mains tremblantes, instatisfaites, malheureuses de leurs gestes 

impatiente irritable 

brûlent tout le soin à faire les choses bien, belles les choses 


Descendue comme une chute 

imprévisible atterrissage au matelas propice 

à recueillir l'angoisse les peines puériles

Une chute violente jusqu'à sentir le sol fait de paille et coton

un duvet ferme et dense

une paix maternelle

qui accueille l'enfant 

indocile incapable de se tenir 

en sa place d'enfant 

La cervelle assommée par les bras de la paix

qui recueille les larmes, celles qu'on ne verse pas

le giron d'un arbre centenaire que je caresse encore

un arbre centenaire une mère et c'est là

le paysage intérieur a apaisé la souffrance débile

qu'on a quand on a rien vécu.

Sans aucun mirage, 

un arbre centenaire une mère la nature insatiable

de Beauté permanente

Insatiable Beauté de la Nature sauvage

1 mai 2026

Soudain la Nature nous rappelle

 que l'Homme est une ombre gonflée d'orgueil

une grenouille politique, qui voudrait détruire la mare qu'elle occupe, 

et le nénuphar fleurit dans un éclat de rire,

Un croassement ne vaut rien s'il est seul.

L'Homme seul gonfle le torse, et crie haut et bien fort, que seul il pourra 

dépasser les dieux, l'âme, la source de la vie


La Nature est un temple

nous sommes misérables, 

je demande pardon je remercie la Terre d'être présente

grâce au Tout, au Soleil et la nuit, à l'eau la pierre le sang de mes ancêtres,

je remercie, bêtement, comme l'animal que je suis, tout ce qui m'a nourrie 

alors que je ne vaux rien

face au vent, au ciel, à la pluie de l'été, au foyer de l'hiver


15 avr. 2026

Glisse le vent

 sans quoi que serions-nous?

je glisse pareille à lui

il a rompu l'histoire

déchiquetée l'histoire

dans l'amer m'a jetée

éblouie des ombres je traverse

sans espérer l'éclair

glisse le vent et tout redevient noir

comme la mort 


Or non. Découragée on reste droit, un I, entre le saule quand il faudra courber, et le chêne quand on devra monter plus haut sans faillir


La mort est un encouragement pour demain

je sais que la douleur ici n'est jamais éternelle puisque la douleur est d'ici;

J'ai eu mal. J' aurai mal.

Le plaisir au même titre, comme un  miracle, advient comme un miracle

je les vis, la douleur, les orgasmes, la tristesse la joie 

on sait, je disparaitrais avant qu'ils meurent

Mon histoire il est bon de la réciter entre forêts, loup, grand mère et mariage, beaucoup d'enfants;

Mon histoire a des nuits pour suer, lutter, combattre,

des jours qui se répètent et que nul ne sache que nos coeurs s'auditionnent 

parfaits 

le vent je l'attrappe et je vois le monde du haut resister et je pars de lui

je repars vers lui je le sens je repars

8 avr. 2026

Les idées ont changé

 Hier le noir le vert a surpris le matin

On annonçait l'angoisse, la joie s'est partagée

en mille bourgeons au moment de s'éclore.

Un oiseau répond à la musique de l'arbre

qu'éclaire le vent, une autre langue se superpose plus vive dans le rythme

la mésange trille le pic-épeiche pleupleute

la fugue enfle et devient boléro

Doucement la fontaine rend la symphonie plus douce.


La grise mine retrouve son sourire, enfoui, lentement

s'éclaire, 

Claire

31 mars 2026

Chuuuut

 Moi je ne savais pas

qu'on ne pénètre pas un corps comme on viole une résidence

moi je savais pas qu'une chatte déchirée par les crocs de la hyène c'est davantage qu'une maison pénétrée par des voleurs de poules

moi je ne savais pas

et ne sachant pas, j'ai pensé que c'était un peu normal 

je m'en suis foutu qu'on me mette un sexe dans le mien or je ne le voulais pas

je m'en suis foutu et vraiment car je suis devenue femme par un monstre qui ne le savait pas

on a pénétré ce qui n'existait pas

il ne savait pas qu'il violait 

je ne savais pas plus que lui

qu'il se passait ce qui ne passerait pas