L'Axe,
n'est pas
celui que l'on trouve
ailleurs. Je m'en persuade.
L'axe est au coeur,
entre le pubis et le front.
Je tiens sur mes deux jambes
Je lève les yeux
Je suis debout.
L'Axe,
n'est pas
celui que l'on trouve
ailleurs. Je m'en persuade.
L'axe est au coeur,
entre le pubis et le front.
Je tiens sur mes deux jambes
Je lève les yeux
Je suis debout.
Il suffit de voir son intérieur pour vouloir regarder autour.
C'est si simple et bonjour serait trop dur
Il suffit d'imaginer un système digestif ana
rchique les pensées sans tenue
sans pouvoir retenir ce qu'on devrait pourtant tenir
retenir (le feu les larmes la terre et puis ce qui nous donne de l'air)
taire ce qu'on devrait savoir et surtout à nos âges
qui indiquent qu'il n'y a plus d'enfant à venir
dans la cour
dans le coeur
des gens bien comme il faut
il ne faut pas quand on a la fièvre
prononcer les mots sortis d'une soupape à la retraite
l'article de la mort
Je rumine un instant qui voulait l'enthousiasme
S'étalent cynisme le jugement
de ceux qui savent
et ceux sans orthographe décident que
les plantes
les arbres
prononcent la vie est belle
La vie est belle
quand sait-on vraiment ce qu'on aimerait devenir?
Débâcle
Ils étaient trois et ma tête dans le café, je suis morte de honte
et plus je m'amendais
et pire on me toisait
Je pensais qu'il faudrait me calmer
recoudre mon narcisse
or il était noyé.
Je pense avoir été d'un courage absolu
mais ce ne fut pas grave ce fut
la petite goutte qui malgré elle
a fait dégueuler le si peu de rage en moi
le triangle isocèle dont je savais les lois
j'ai tout perdu un matin de septembre.
C'était à une table où le petit déjeuner grec
a ouvert la journée
sous les auspices grecques
magique le petit bateau
faisait le tour d'îles plus belles que le chant des sirènes
je sautais et la mer
la mer recommencée a fini. La mer s'est finie.
La honte n'était pas lavée, leurs façons de me dire que je n'étais pas digne
leurs façons
leur mépris
je devins si maladroite qu'ils étaient si heureux
d'avoir deviné et mieux
d'avoir su
de savoir mieux que moi
qui j'étais.
Je crois beaucoup aux autres surtout si leur parole est haute et sans l'ombre du doute.
Pardon, j'ai demandé "PARDON"
Alors forcément
ils m'ont dit comment mettre le linge sur le fil à linge
ils m'ont donné les pinces à linge pour que je tende le linge.
Comment mettre la table. Je mettais les fourchettes à gauche ils les voulaient à droite. J'ai les codes savent ils, mais non ne soupçonnent pas: les couteaux sont à droite, etl e pain à l'envers une malédiction
et on ne lèche pas son couteau.
Les couteaux furent à gauches et les fourchettes à droite.
Ils m'ont dit de ne pas mettre de moutarde dans la vinaigrette
ni d'ail ( mon ail n'était pas comme il eût fallu qu'il fut
trop lourd trop cru trop mal cuit quant tout doit être digeste.
ils m'ont dit de ne pas m'occuper des repas qu'ils ne digéraient pas.Ah j'aurais pu en rire, danser, éclater de mépris.
Or ils devaient dormir. Le port était bruyant, et les bateaux surtout. Leurs vacances foutues.
Je suis sortie, et le squatt des migrants, plus joyeux que leurs âme m'ont offert un verre d'eau. Et je fus ivre, alors en ouvrant la porte de notre maisonnée, je me suis cognée dans le coin de la douche, je saignais de la lèvre
l'arcade sourcillière pissait
un liquide pourpre
et malgré la lune bleue
qui embrasait le ciel
de la nuit
l'arcade pissait rouge
j'avais fait du bruit, ivre de leur verre d'eau qu'on m'avait offert.
Au petit déjeuner, et la table bien droite, et les couteaux à gauche, ils m'ont regardée
Ils ont dit combien leur nuit avait été mauvaise
j'avais tant fait de bruit
Ma nuit fut étoilée
mais il est vrai qu'en retraite on mérite
que les bateaux se taisent et qu'on laisse dormir
ceux qui sont trop fatigués après tant de labeur
Claire ô ma Claire, les retraités ne méritent pas qu'on leur vole une nuit
de vacances
méritées ils ont tant mérité, un voyage tranquille sans les bateaux d'une île
une île bien tranquille
sans étrange personne puisqu'il est clair qu il faut bien les reposer
ces gens bien méritants
qui savent mieux que tous
qu'ils savent mieux que nous
En france ils ont vécu. Et leur identité confirme ce qu'ils veulent être
La blessure pourtant ne vient pas de leur fait;
Le bateau avançait dans la mer superbe. A la poupe je prenais un vent doux pour avaler l'écume que ma bouche accueillait. Je ne voulais pas voir ce qui s'était passé au matin. La journée devait être superbe. Alors superbe devant la mer maternelle, et la joie d'être là, j'ai pleuré de bonheur.
Ils étaient allongés sur des serviettes blanches. Bronzant visages, cuisses, épaules. Ils lisaient des polars si prenants, ils avaient l'habitude de l'azur, de l'écume, de l'eau bleue éternelle. Ce soir il ferait nuit et les bateaux signaleraient leur touriste présence.
J'ai eu honte quelques semaines.
Et puis comme je suis mieux débile,
maladroite, et la bouche et le front
tranchés par un coin de la douche
pissant le sang
j'ai pesé combien je préférais mon sort
au leur.
sur mes livres d'enfant, dans la bibliothèque
parfumée d'encens de camphre et naphtaline
ont écroulé le passé sans histoire mais qui me construisait.
Je devais traverser un chemin où des crocodiles veillaient
j'ai passé l'épreuve des caïmans plus petits moins énormes
en me faufilant sur le côté d'un chemin sombre boisé
et ensuite
de peur j'ai baissé la tête j'ai rampé sur les bords
Le chemin grandissait et ma peur la bête
comme lui a gonflé
Les crocodiles aussi et ma peur la bête
rapetissait mon corps
idiot de peurs et de nausée
Tapies dans l'ombre de la tourbe
noire d'étangs crevés
deux dents saillaient, les monstres me guettaient
Des carapaces glauques montraient leurs gueules
préhistoriques
les monstres gigantesques devinrent fous
Je crevais e
t les crocs agrippèrent mon âme
si j'en avais bien une, d'âme
celle qui détestable me donne des vertiges
de fille vierge
Les monstres plus larges que des routes
fusaient des météores noires
gerçaient ce qu'il reste quand on revient mauvaise
de l'école
pour une note passable
à savoir prononçait
ce que je pensais tout bas:
Médiocre c'est bien le pire quand on veut les sommets
et davantage les gouffres
Médiocre je l'étais
et les alligators savaient que je l'étais
Tapis dans leur ombre
riaient
Pareille je savais
que tout s'écroulerait:
la bibliothèque aux sapins calcinés, aux livres d'enfant roi, aux héros sans exploit
et tout s'est écroulé.
La mère inquiète ou plutôt morte
d'inquiétude
parce qu'elle savait très bien plus forte dans le fond
que j'étais son contraire
elle savait bien au fond que la fragilité
est une espèce en voie de disparition.
Alors sous les pages d'épines
calcinées
j'ai ainsi disparu.
qui comme une surface revient
et profonde enracine, se nourrit, envisage le coeur différemment
comme si rien n'était grave et pourtant singulier il est bon de connaître
de reconnaître ce qui est est à savoir qu'il est possible
de devenir meilleur quand tout est accueilli
les brochettes brûlées, les gâteaux sans pareille, le goût imprononcé puisque rien ne dira
qu'une saveur superbe partagée offerte
peut devenir sublime
la pistache absolue la framboise étalée
dans l'amande si douce moelleuse si parfaite
rien
le premier melon partagé
je l'ai fait le voeu du premier melon partagé
arrosé de rosé et de bulles
être enivrée
enivre ma façon d'être au monde, ici et simplement
Un frère si rare dont le sourire efface les discours parfaits
sobres sans détours
La Joie de découvrir ce que d'autres misérables
perçoivent des limites
Et nous si misérables
on sait tant qui nous sommes
Enivrés misérables or tellement joyeux
Un sourire et le vin
Meilleurs qu'une bière qu'on pouvait dire tiède?
Cependant explose notre bouche d'une bière un peu tiède
et soudain fabuleuse
désaltère la bouche et puis la gorge
et le coeur et notre âme.
Incroyable la joie qui envahit nos âmes et nos corps absolus
Ce matin ton sexe s'est dressé, nous nous disions merci
Nous nous disions
ce qu'aucuns mots ne disent
un miracle sous un velux fou
Cette joie sans miracle prononce
"Jouir est notre buisson
et qu'il est bon d'être qui on est
sans peur du lendemain
et intègres à savoir
absolument sentir
qu'il est bon d'être là
juste notre présence
ton sexe dressé et moi dressée sur toi
Se réjouir de l'aventure
Connaître chaque autre et chaque jour
Surtout toi
Surtout toi cher "je tiens à toi"
Surtout toi si cher qu'il est autre
et moi si différente.
A toi.
On appelle, un silence remue
et les voix revenues
surprennent le sommeil
On espère un ami c'est un autre moins fou
qui agite l'esprit
et nos songes d'été
s'éteignent au soleil
naissant et renaissant
On appelle et les ombres
ricanent. Elles reviendront bientôt.
Les murs cognent nos corps
L'hématome au matin nous dit qu'on a vécu
dans la nuit qui s'éteint.
Cogné le corps s'agite. Et il ne pourra rien.
J'ai pourtant rêvé de ton architecture
intacte, fabuleuse
tout était absolu, tout était impeccable, net
sans ordure apparente et sans éclaboussure.
Mais qui sait si on est l'ordure d'une autre armée.
Qui sait si l'amour qu'on livre à la patrie
deviendra un bijou un carat un or pur
Qui sait si des ordures ne naissent pas les fleurs
Ou le contraire et qui sait?
Il nous faut du courage pour affronter nos ombres.
Il nous faut nous armer pour reprendre courage.
La vie a tous les droit.
Naître sur le fumier, butiner les je-ne sais quelle herbe qu'on appelle mauvaise
les chats errants sont ils des ennemis?
Les chiens que les vieux tiennent en laisse
sont-ils plus aimables?
Je domestique le feu qui s'agite et ma tête
commande
à mon souffle d'apaiser la cervelle
explosée d'une respiration trop électrique
trop folle
à ma respiration de tenir l'apnée
pour qu'enfin j'apaise le foyer
qui brûle et me consume.
J'aimerais le courage
J'étais dans une sphère tendue, d'urgences en urgences
bâclées dans le travail
précipitée
Nerfs en feu, mains tremblantes, instatisfaites, malheureuses de leurs gestes
impatiente irritable
brûlent tout le soin à faire les choses bien, belles les choses
Descendue comme une chute
imprévisible atterrissage au matelas propice
à recueillir l'angoisse les peines puériles
Une chute violente jusqu'à sentir le sol fait de paille et coton
un duvet ferme et dense
une paix maternelle
qui accueille l'enfant
indocile incapable de se tenir
en sa place d'enfant
La cervelle assommée par les bras de la paix
qui recueille les larmes, celles qu'on ne verse pas
le giron d'un arbre centenaire que je caresse encore
un arbre centenaire une mère et c'est là
le paysage intérieur a apaisé la souffrance débile
qu'on a quand on a rien vécu.
Sans aucun mirage,
un arbre centenaire une mère la nature insatiable
de Beauté permanente
Insatiable Beauté de la Nature sauvage
que l'Homme est une ombre gonflée d'orgueil
une grenouille politique, qui voudrait détruire la mare qu'elle occupe,
et le nénuphar fleurit dans un éclat de rire,
Un croassement ne vaut rien s'il est seul.
L'Homme seul gonfle le torse, et crie haut et bien fort, que seul il pourra
dépasser les dieux, l'âme, la source de la vie
La Nature est un temple
nous sommes misérables,
je demande pardon je remercie la Terre d'être présente
grâce au Tout, au Soleil et la nuit, à l'eau la pierre le sang de mes ancêtres,
je remercie, bêtement, comme l'animal que je suis, tout ce qui m'a nourrie
alors que je ne vaux rien
face au vent, au ciel, à la pluie de l'été, au foyer de l'hiver
sans quoi que serions-nous?
je glisse pareille à lui
il a rompu l'histoire
déchiquetée l'histoire
dans l'amer m'a jetée
éblouie des ombres je traverse
sans espérer l'éclair
glisse le vent et tout redevient noir
comme la mort
Or non. Découragée on reste droit, un I, entre le saule quand il faudra courber, et le chêne quand on devra monter plus haut sans faillir
La mort est un encouragement pour demain
je sais que la douleur ici n'est jamais éternelle puisque la douleur est d'ici;
J'ai eu mal. J' aurai mal.
Le plaisir au même titre, comme un miracle, advient comme un miracle
je les vis, la douleur, les orgasmes, la tristesse la joie
on sait, je disparaitrais avant qu'ils meurent
Mon histoire il est bon de la réciter entre forêts, loup, grand mère et mariage, beaucoup d'enfants;
Mon histoire a des nuits pour suer, lutter, combattre,
des jours qui se répètent et que nul ne sache que nos coeurs s'auditionnent
parfaits
le vent je l'attrappe et je vois le monde du haut resister et je pars de lui
je repars vers lui je le sens je repars
Hier le noir le vert a surpris le matin
On annonçait l'angoisse, la joie s'est partagée
en mille bourgeons au moment de s'éclore.
Un oiseau répond à la musique de l'arbre
qu'éclaire le vent, une autre langue se superpose plus vive dans le rythme
la mésange trille le pic-épeiche pleupleute
la fugue enfle et devient boléro
Doucement la fontaine rend la symphonie plus douce.
La grise mine retrouve son sourire, enfoui, lentement
s'éclaire,
Claire
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© 2009. Claire Anne Menaucourt. Tous droits réservés