On appelle, un silence remue
et les voix revenues
surprennent le sommeil
On espère un ami c'est un autre moins fou
qui agite l'esprit
et nos songes d'été
s'éteignent au soleil
naissant et renaissant
On appelle et les ombres
ricanent. Elles reviendront bientôt.
Les murs cognent nos corps
L'hématome au matin nous dit qu'on a vécu
dans la nuit qui s'éteint.
Cogné le corps s'agite. Et il ne pourra rien.
J'ai pourtant rêvé de ton architecture
intacte, fabuleuse
tout était absolu, tout était impeccable, net
sans ordure apparente et sans éclaboussure.
Mais qui sait si on est l'ordure d'une autre armée.
Qui sait si l'amour qu'on livre à la patrie
deviendra un bijou un carat un or pur
Qui sait si des ordures ne naissent pas les fleurs
Ou le contraire et qui sait?
Il nous faut du courage pour affronter nos ombres.
Il nous faut nous armer pour reprendre courage.
La vie a tous les droit.
Naître sur le fumier, butiner les je-ne sais quelle herbe qu'on appelle mauvaise
les chats errants sont ils des ennemis?
Les chiens que les vieux tiennent en laisse
sont-ils plus aimables?
Je domestique le feu qui s'agite et ma tête
commande
à mon souffle d'apaiser la cervelle
explosée d'une respiration trop électrique
trop folle
à ma respiration de tenir l'apnée
pour qu'enfin j'apaise le foyer
qui brûle et me consume.