La Boule noire avait métastasé le corps l'esprit, et de fait empêchait toute possibilité d'agir.
13 oct. 2026
La boule noire
4 sept. 2026
CLASH
Il ne dit rien et te tourne le dos
il caresse le chat ne t'adresse pas un mot
juste son dos
que tu regardes aller jusqu'à la salle de bain
il pissera de sa nuit
baillera rotera
reviendra dans le lit
toujours de dos il prendra son portable
j'entendrai les infos de la veille: des migrants ont envahi l'Espagne
des auditeurs appellent la France est en danger
Il caresse le chat; il a son café, il m'envoie un whatsapp
dont l'objet "l'invasion commence" est la vidéo que je viens d'entendre
de son dos bronzé il est fier et caresse le chat
je regarde son dos, au demeurant plus beau que sa face
plus vieillie que son dos dont les courbes font penser à une silhouette à l'âme belle
les fesses se dessinent et il boit son café, parfois il baille et rote
et pour son âge le recto nie le verso il me tend ce qu'il a de plus
beau
il me le tend comme la carotte quand l'âne commence à rechigner
Le silence de lui, les sons d'infos haïssant l'Ennemi
Je me dis. Je me dis, pourtant il lit. Il lit cela éduque, cela élève, cela instruit.
Il lit et il s'enfonce. Il lit pour s'envenimer encore.
Le chat ronronne. Comment est-ce possible d'être si haïssable et si instruit?
d'être chez les grecs en même temps qu'un nazi,
la terreur d'être à deux il continue et caresse le chat
je ne dis plus bonjour, j'ai quelques médicaments à prendre
pour sauver ma santé.
31 août 2026
Soudain elle revient
la violence
souvent elle plante son couteau
et l'âme se renverse au recto la douceur
l'esprit devient verso
la violence se plante et le couteau déchire
et le corps disjoncte
la parole est en train de fumer et les yeux se révulsent
la colère se présente
pas de haine juste le regard de Courbet
dans son autoportrait Courbet qui devient fou quand il sait encore peindre
les traits de la peur de ne pas être mais devenir
fou
je regarde je ne vois rien juste une détresse que la lave n'embourbe pas
puisqu'elle explose
j'ai mal et tu ne réponds rien pas un regard de peur
d'alarme juste l'envie de dormir car tu es fatigué as envie de dormir
la violence que j'aie encore quand soudain le coeur se fend
ce couteau
qui pouvait choisir entre le tendre et les viscères
a choisi ce qu'on ne mangera pas
par angoisse des choses qui nous sont indigestes
non la colère
non la haine
la souffrance d un organe qui n'existe plus
le fantôme impossible à bercer
mon coeur.
9 août 2026
La musique est un coeur
flambant elle brûle
partout. Le chat écoute, je suis avec
la musique le chat le soleil brûle l'été
Parfois on aimerait l'hiver et puis l'automne revient et on voudrait le printemps.
La musique révèle nos quatre saisons les frissons d'une neige qui ne vient plus
les forêts brûlent l'eau s'est cassée au milieu. Les chaleurs brisent le silence
La foudre a eu raison de nous rendre électriques
car nos corps, nos esprits éclatent
Je suais la neige fondait déjà et le bitume -rappelle-toi
qu'il brûlait sur des virages trop verglacés d'été
et la neige fond et je pense aux arbres d'or qui sècheront des larmes
Elles auraient dû éteindre les incendies d'été
le coeur souffle l'hiver
La musique contemple ce qui reste de nous
quand nos saisons effacent ce qui reste de nous
encore
Le chat regarde la fenêtre et je regarde mon chat au seuil d'une fenêtre
fermée il fait trop chaud il fait trop froid. Les feuilles bercent nos oublis
Je n'ai plus de mémoire. Mon chat est désolé ce matin il a compris
qu'une souris ne souriait plus quand elle était morte parce que ses pattes ont joué à la mort.
Mon chat pleure ce matin. Près de moi il console le chagrin. Il console et la musique est là.
7 août 2026
L'arbre me tend ses bras
je suis verte et sans conscience
j'ai trop bu l'arbre me tend ses branches ses feuilles ses fruits
figée comme le marbre
je prefère m'asseoir ne pas comprendre que la vie appartient à ceux s'enracinent
je dors pour ne vivre qu'endormie
je veux dormir sans envie
juste pour que demain s'éveille et que l'arbre éternel
tende ses feuilles ses branches et les fruits rares
qui gorgent notre bouche puisque l'été venu
ils nous offrent ce qu'il faut pour vivre un peu mieux
le gris de nos entrailles.
Un peu mortes mais pas encore. Vivantes au demeurant.
4 août 2026
La détresse n'est pas une tristesse
la tristesse s'enfonce dans le matelas de la peine
et vient se reposer dans la solitude absolue
La détresse c'est vouloir croire quand rien n'est plus possible
la détresse fait semblant. Elle est ce qu'on voudrait, un cri qui déchire l'impossible
la détresse essaie encore à bout de souffle
elle tente elle n'y croit plus mais continue le combat terminé
La tristesse est une mort mais elle sait qu'elle ne peut plus
rien.
La guerre c'est préférer combattre l'ennemi dont les armes plus nobles auront raison de nous.
Je suis dans l'instant où la première va vaincre la seconde
mais tout sera égal à l'heure du coeur qui cessera
soit le combat soit le désespoir
Il n'y a rien de meilleur
détresse ou la tristesse
c'est baisser ses armes ou qu'elles nous soient confisquées.
J'ai mal ce n'est pas pire que de savoir que tout se fermera, nos coeurs abandonneront le corps
l'âme désertera l'esprit
Triste et affreusement lucide
de ce qui ne peut plus devenir.
23 juil. 2026
Un hiver et l'été
Le ciel est bas on t'explique que ce n'est ni le ciel ni le plafond
La lune brille on t'explique ce n'est ni la lune encore moins le soleil
Le vent refroidit juillet
août et tout l'été sous le soleil tu regardes la mer
la mer et le soleil et le vent.
Tu te couvres d'un pull-over qu'on portait
sous le vent de l'hiver
Il sèche et nourrit le frisson
Les cigales te bercent et tu te refroidis
Il faut chaud tu te glaces
Que faut il à la peau pour qu'un soleil existe?
Le vent qui te gerce
l'ombre ou le vent tiède d'une tramontane qui se moque de nous
la tramontane qui sombre
le mistral brandit son air sec me berce d'un absence sans fin
le manque de toi ton absence
qui ne finira pas
C'est l'été je suis en plein hiver
19 juil. 2026
Il est certains faits
qui nous font devenir ce qu'on n'a jamais pu être
Il est certains moments où le coeur dicte son instinct
L'intuition devient un mur elle se heurte au mur l'intinct nous dit le contraire
l'intuition voudrait continuer
les yeux se ferment le coeur se fend il va falloir courir dans un sens contraire à celui
inscrit
et ce sera difficile de dire de prononcer qu'il n'est plus temps.
Ce sera la fin d'un monde pour soi
l'autre je pense qu'il n'en saura rien
l'Autre je pense qu'il va retrouver les marques de son quant à soi, son voeu de liberté
moi je deviens si seule que tout est clair
tout est facile et clair
tout fonctionne à nouveau
respiration digestion le sommeil
tout redevenu soleil de mon esprit
alors il me faut prendre acte
et agir dans le sens
d'une résolution
qui ne fera souffrir que mon coeur
l'Autre ira plus loin plus haut deviendra un meilleur
18 juil. 2026
Quitter.
Quand il faudrait, peut on mettre le verbe au conditionnel puisqu'il le faut
Et qu'il y aura la fracture, forcément
détruisant un temps qui n'a plus lieu d'être
une rupture à établir, à assumer et la peur
du vide le vertige de se dire qu'on s'est trompé
d'un espace à effacer.
J'ai peur. Et c'est facile de dire "brise"
j'ai peur.
4 juil. 2026
Sur le sol endormi
un ver s'anime, victorieux de la source évanouie.
Le soleil qui autrefois gorgeait la terre, la rendait verte, épanouie
se dresse en ennemi dont la chaleur étouffe.
Les villes suffocantes, les campagnes à nouveau deviennent une aube
sûre, éternelle
jusqu'au nouvel ordre dont les Hommes s'abreuvent.
L'ordre nouveau. On se presse, on achète, on acquiert.
Pardon.
Pardon de soutenir la nature qui affrontait les villes.
Le bitume a fondu, les routes se verglassent au tournant de la route
Pardon de se dire que les villes ont passé l'âge d'être arrogantes
et fières
On leur échappe pour ne pas mourir dans l'étau de sa chambre.
On leur échappe quand la fuite est possible
C'est sûrement alors la mort qui nous sauve.