WARNING/ AUTOFICTION
Site non recommandé aux personnes stables.
Ce site n'est pas bon pour la santé des riches.
Ce site peut provoquer des tremblements de la personne.
Ce site peut provoquer une Joie lente et formidable.


30 mai 2026

Les sapins calcinés

 sur mes livres d'enfant, dans la bibliothèque 

parfumée d'encens de camphre et naphtaline

ont écroulé le passé sans histoire mais qui me construisait.

Je devais traverser un chemin où des crocodiles veillaient

j'ai passé l'épreuve des caïmans plus petits moins énormes

en me faufilant sur le côté d'un chemin sombre boisé

et ensuite 

de peur j'ai baissé la tête j'ai rampé sur les bords

Le chemin grandissait et ma peur la bête

comme lui a gonflé

Les crocodiles aussi et ma peur la bête

rapetissait mon corps

idiot de peurs et de nausée

Tapies dans l'ombre de la tourbe 

noire d'étangs crevés 

deux dents saillaient, les monstres me guettaient

Des carapaces glauques montraient leurs gueules 

préhistoriques

les monstres gigantesques devinrent fous

Je crevais e

t les crocs agrippèrent mon âme

si j'en avais bien une, d'âme

celle qui détestable me donne des vertiges

de fille vierge 

Les monstres plus larges que des routes

fusaient des météores noires

gerçaient ce qu'il reste quand on revient mauvaise

de l'école

pour une note passable 

à savoir prononçait 

ce que je pensais tout bas:

Médiocre c'est bien le pire quand on veut les sommets 

et davantage les gouffres

Médiocre je l'étais

et les alligators savaient que je l'étais

Tapis dans leur ombre 

riaient 

Pareille je savais

que tout s'écroulerait:

la bibliothèque aux sapins calcinés, aux livres d'enfant roi, aux héros sans exploit

et tout s'est écroulé.

La mère inquiète ou plutôt morte

d'inquiétude 

parce qu'elle savait très bien plus forte dans le fond

que j'étais son contraire

elle savait bien au fond que la fragilité 

est une espèce en voie de disparition.

Alors sous les pages d'épines 

calcinées

j'ai ainsi disparu.

26 mai 2026

La Joie

qui comme une surface revient

et profonde enracine, se nourrit, envisage le coeur différemment

comme si rien n'était grave et pourtant singulier il est bon de connaître

de reconnaître ce qui est est à savoir qu'il est possible

de devenir meilleur quand tout est accueilli

les brochettes brûlées, les gâteaux sans pareille, le goût imprononcé puisque rien ne dira

qu'une saveur superbe partagée offerte 

peut devenir sublime

la pistache absolue la framboise étalée 

dans l'amande si douce moelleuse si parfaite

rien

le premier melon partagé

je l'ai fait le voeu du premier melon partagé

arrosé de rosé et de bulles

être enivrée

enivre ma façon d'être au monde, ici et simplement

Un frère si rare dont le sourire efface les discours parfaits

sobres sans détours

La Joie de découvrir ce que d'autres misérables

perçoivent des limites

Et nous si misérables

on sait tant qui nous sommes

Enivrés misérables or tellement joyeux

Un sourire et le vin 

Meilleurs qu'une bière qu'on pouvait dire tiède?

Cependant explose notre bouche d'une bière un peu tiède

et soudain fabuleuse

désaltère la bouche et puis la gorge

et le coeur et notre âme.

Incroyable la joie qui envahit nos âmes et nos corps absolus

Ce matin ton sexe s'est dressé, nous nous disions merci

Nous nous disions 

ce qu'aucuns mots ne disent

un miracle sous un  velux fou

Cette joie sans miracle prononce 

"Jouir est notre buisson

 et qu'il est bon d'être qui on est

sans peur du lendemain

et intègres à savoir 

absolument sentir

qu'il est bon d'être là 

juste notre présence

ton sexe dressé et moi dressée sur toi

Se réjouir de l'aventure 

Connaître chaque autre et chaque jour

Surtout toi

Surtout toi cher "je tiens à toi"

Surtout toi si cher qu'il est autre

et moi si différente.

A toi.

22 mai 2026

On recherche la nuit

On appelle, un silence remue

et les voix revenues

surprennent le sommeil

On espère un ami c'est un autre moins fou

qui agite l'esprit 

et nos  songes d'été 

s'éteignent au soleil

naissant et renaissant

On appelle et les ombres 

ricanent. Elles reviendront bientôt.

Les murs cognent nos corps

L'hématome au matin nous dit qu'on a vécu 

dans la nuit qui s'éteint.

Cogné le corps s'agite. Et il ne pourra rien.

J'ai pourtant rêvé de ton architecture

intacte, fabuleuse

tout était absolu, tout était impeccable, net

sans ordure apparente et sans éclaboussure.

Mais qui sait si on est l'ordure d'une autre armée.

Qui sait si l'amour qu'on livre à la patrie

deviendra un bijou un carat un or pur 

Qui sait si des ordures ne naissent pas les fleurs

Ou le contraire et qui sait?

Il nous faut du courage pour affronter nos ombres.

Il nous faut nous armer pour reprendre courage.

La vie a tous les droit.

Naître sur le fumier, butiner les je-ne sais quelle herbe qu'on appelle mauvaise

les chats errants sont ils des ennemis?

Les chiens que les vieux tiennent en laisse

sont-ils plus aimables?


Je domestique le feu qui s'agite et ma tête

commande 

à mon souffle d'apaiser la cervelle

explosée d'une respiration trop électrique

trop folle 

à ma respiration de tenir l'apnée

pour qu'enfin j'apaise le foyer 

qui brûle et me consume.



19 mai 2026

Tout est bien


J'aimerais le courage

qu'ils ont
ceux dont on pense qu'ils n'ont plus le courage
d'être là dans le monde ceux dont on croit
que c'était leur destin
de ne plus être au monde
Ils ont pris leur courage, leur détresse, leurs ombres
et se sont évanouis
pour les mener ailleurs que dans le monde ici.
Ils ont eu le courage
je n'ai pas ce courage
On comprend l'être mort puisqu'il est maintenant mort
Personne n'a plus de doute car on l'avait prédit
les Cassandre reviennent pour dire qu'ils savaient
au vu de ce qu'ils savaient
à savoir pas grand chose
Et surtout rien du coeur
Et de leur âme
au fond. Donc ils ne s'étonnent guère. Pire, ils le savaient qu'un jour
cela arriverait bien
Ils le savaient au fond
Alors quoi? A quoi bon s étonner à quoi bon se morfondre ?
Amère je souris et je pense à celui qui a eu le courage de nous dire
qu'il ne pouvait plus ,
qu'il n'en pouvait plus
et si tu savais comme je suis gâtée mais seule
dans un monde impossible
dans le monde définitivement
dans le monde
j'aimerais son courage
C'est drôle d'être dans ce destin écrit. On se croirait chez les Grecs aux oracles tragiques.
Maintenant les dieux se taisent puisque les hommes savent, et prescrivent comme on jauge une peau malade d'après les ornements.
Comme on sonde le foie quand le coeur est malade.

11 mai 2026

Descente

J'étais dans une sphère tendue, d'urgences en urgences

bâclées dans le travail

précipitée

Nerfs en feu, mains tremblantes, instatisfaites, malheureuses de leurs gestes 

impatiente irritable 

brûlent tout le soin à faire les choses bien, belles les choses 


Descendue comme une chute 

imprévisible atterrissage au matelas propice 

à recueillir l'angoisse les peines puériles

Une chute violente jusqu'à sentir le sol fait de paille et coton

un duvet ferme et dense

une paix maternelle

qui accueille l'enfant 

indocile incapable de se tenir 

en sa place d'enfant 

La cervelle assommée par les bras de la paix

qui recueille les larmes, celles qu'on ne verse pas

le giron d'un arbre centenaire que je caresse encore

un arbre centenaire une mère et c'est là

le paysage intérieur a apaisé la souffrance débile

qu'on a quand on a rien vécu.

Sans aucun mirage, 

un arbre centenaire une mère la nature insatiable

de Beauté permanente

Insatiable Beauté de la Nature sauvage

1 mai 2026

Soudain la Nature nous rappelle

 que l'Homme est une ombre gonflée d'orgueil

une grenouille politique, qui voudrait détruire la mare qu'elle occupe, 

et le nénuphar fleurit dans un éclat de rire,

Un croassement ne vaut rien s'il est seul.

L'Homme seul gonfle le torse, et crie haut et bien fort, que seul il pourra 

dépasser les dieux, l'âme, la source de la vie


La Nature est un temple

nous sommes misérables, 

je demande pardon je remercie la Terre d'être présente

grâce au Tout, au Soleil et la nuit, à l'eau la pierre le sang de mes ancêtres,

je remercie, bêtement, comme l'animal que je suis, tout ce qui m'a nourrie 

alors que je ne vaux rien

face au vent, au ciel, à la pluie de l'été, au foyer de l'hiver