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27 juin 2026

Il dort, je pense

 Il fait jour je fixe 

l"éponge l'escalier  

Ils me semblent un peu sales

Il fait nuit la télé allumée

j'entends l'homme qui crie

un ballon doit entrer dans la cage

sans doute c'est certain

la bonne ou la mauvaise

tel n'est pas le problème

il faut bien gagner ou plutôt savoir perdre

Je regarde l'espace encadré d'un cèdre fantastique

Lui n'est pas là 

I regarde le match essentiel pour la suite

pour la gloire assurée

le temps d'un championnat qui gravera l'Histoire de notre Humanité

d'un planisphère explosé

en tout ce que l'on sait d'elle, de notre carte de guerre plutôt que celle du tendre

Lui devant un écran bicolore animé d'un sphère

noire et blanche

Lui assoiffé de savoir 

de connaître si la cage animée d'une sphère sera la bonne ou pas

Lui 

à cet instant de grâce où le soleil s'éteint dans la courbe du cèdre

fantastique l'ombre est monstrueuse quand le soleil s'endort 

veut s'endormir heureux 

Lui aussi dort

Lui aussi s'est éteint sans l'ombre de l'ombre

formidable

d'un cèdre sans étoiles


15 juin 2026

Il est temps

 de nous enfuir vers cet inconnu

le coeur

et ce qu'orgueilleusement 

on nomme l'âme.

Il est temps de s'attacher à l'intérieur qui nous semble indigeste inutile 

Il en faut du courage pour regarder notre coeur et notre âme

Pour que l'action devienne un corps qui nous est propre

un corps qui fait agir

sans penser qu'il fait absolument agir

courir faire ce qu'il faut, ce qu'il nous faudrait faire.

Ceux qui parlent plus haut qu'ils ne pensent pour se sentir vivre.

Vivants ils n'existent que pour eux.

Se connaître ouvre des portes. 

Le courage n"est pas ce mettre dans l'oubli: des études, du monde, des amis qu'on aime pour avoir des amis,  un amour évident. 

Le courage n'est pas de se conforter avec des amis d'antan

qui parlent si haut qu'ils n'entendent pas le murmure de la mer, à force de savoir ce que la mer leur dit. Une plage sans galets, du sable qu'on veut indemne

de coquilles et de vers ces coquilles et les vers qui le rend ce qu'il est. Le sable. Le sable. et  nos pieds dans le sable et l'eau qui nous murmurent

des paroles superbes

le sable et puis la mer

aux murmures qu'on oublie si l'on regarde ce qu'il faut faire encore

le murmure de la mer résonne à nos coeurs à notre âme

en écoutant

qu'un instant nous sublime.

10 juin 2026

Des envies bizarres

 Souvent j'ai des envies bizarres.

Qu'on m'enferme dans une cage pour rêver à ce que je ferais libérée

Que je m'élance une corde au cou, pour réaliser combien j'aurais voulu vivre 

Je suis libre, vivante, sans corde au cou ni barreaux 

et je suis déjà morte enfermée dans le conditionnel épais qui me fait exister mieux

que ma capacité à faire.

L'unique -et non des moindres- réalité est l'amour que je porte

à ceux que j'aime, à ce que j'aime

Aimer suffit il pour vivre?

J'ai des besoins primaires: manger, boire, dormir.  

Ces trois défauts me coûtent cher. Car j'aime manger le meilleur, boire l'exquis, dormir sur un matelas sans petit pois qui dérange.

Où ai-je appris à préférer les songes au concret, les lunes et l'éclat des étoiles plutôt que les jours chaque jour recommencé?



9 juin 2026

L'axe, c'est moi.

 L'Axe,

n'est pas

celui que l'on trouve

ailleurs.  Je m'en persuade.

L'axe est au coeur,

entre le pubis et le front.

Je tiens sur mes deux jambes

Je lève les yeux

Je suis debout.

1 juin 2026

Monde intérieur

 Il suffit de voir son intérieur pour vouloir regarder autour.

C'est si simple et bonjour serait trop dur

Il suffit d'imaginer un système digestif ana

rchique les pensées sans tenue

sans pouvoir retenir ce qu'on devrait pourtant tenir

retenir (le feu les larmes la terre et puis ce qui nous donne de l'air)

taire ce qu'on devrait savoir et surtout à nos âges 

qui indiquent qu'il n'y a plus d'enfant à venir

dans la cour 

dans le coeur

des gens bien comme il faut

il ne faut pas quand on a la fièvre 

prononcer les mots sortis d'une soupape à la retraite

l'article de la mort

Je rumine un instant qui voulait l'enthousiasme 

S'étalent cynisme le jugement

de ceux qui savent 

et ceux sans orthographe décident que 

les plantes 

les arbres 

prononcent la vie est belle

La vie est belle

quand sait-on vraiment  ce qu'on aimerait devenir?

Débâcle

Ils étaient trois et ma tête dans le café, je suis morte de honte

et plus je m'amendais

et pire on me toisait


Je pensais qu'il faudrait me calmer

recoudre mon narcisse

or il était noyé.

Je pense avoir été d'un courage absolu

mais ce ne fut pas grave ce fut

la petite goutte qui malgré elle

a fait dégueuler le si peu de rage en moi

le triangle isocèle dont je savais les lois

j'ai tout perdu un matin de septembre.

C'était à une table où le petit déjeuner grec 

a ouvert la journée

sous les auspices grecques

magique le petit bateau

faisait le tour d'îles plus belles que le chant des sirènes

je sautais et la mer

la mer recommencée a fini. La mer s'est finie.

La honte n'était pas lavée, leurs façons de me dire que je n'étais pas digne

leurs façons 

leur mépris

je devins si maladroite qu'ils étaient si heureux 

d'avoir deviné et mieux

d'avoir su 

de savoir mieux que moi

qui j'étais.

Je crois beaucoup aux autres surtout si leur parole est haute et sans l'ombre du doute.

Pardon, j'ai demandé "PARDON" 

Alors forcément 

ils m'ont dit comment mettre le linge sur le fil à linge

ils m'ont donné les pinces à linge pour que je tende le linge.

Comment mettre la table. Je mettais les fourchettes à gauche ils les voulaient à droite. J'ai les codes savent ils, mais non ne soupçonnent pas: les couteaux sont à droite, etl e pain à l'envers une malédiction

et on ne lèche pas son couteau. 

Les couteaux furent à gauches et les fourchettes à droite. 

Ils m'ont dit de ne pas mettre de moutarde dans la vinaigrette

ni d'ail  ( mon ail n'était pas comme il eût fallu qu'il fut

trop lourd trop cru trop mal cuit quant tout doit être digeste.

ils m'ont dit de ne pas m'occuper des repas qu'ils ne digéraient pas.Ah j'aurais pu en rire, danser, éclater de mépris. 

Or ils devaient dormir. Le port était bruyant, et les bateaux surtout. Leurs vacances foutues. 

Je suis sortie, et le squatt des migrants, plus joyeux que leurs âme m'ont offert un verre d'eau. Et je fus  ivre, alors en ouvrant la porte de notre maisonnée, je me suis cognée dans le coin de la douche, je saignais de la lèvre

l'arcade sourcillière pissait

un liquide pourpre 

et malgré la lune bleue

qui embrasait le ciel

de la nuit 

l'arcade pissait rouge

j'avais fait du bruit, ivre de leur verre d'eau qu'on m'avait offert.

Au petit déjeuner, et la table bien droite, et les couteaux à gauche, ils m'ont regardée 

Ils ont dit combien leur nuit avait été mauvaise

j'avais tant fait de bruit

Ma nuit fut étoilée

mais il est vrai qu'en retraite on mérite 

que les bateaux se taisent et qu'on laisse dormir

ceux qui sont trop fatigués après tant de labeur

Claire ô ma Claire, les retraités ne méritent pas qu'on leur vole une nuit

de vacances 

méritées ils ont tant mérité, un voyage tranquille sans les bateaux d'une île

une île bien tranquille

sans étrange personne puisqu'il est clair qu il faut bien les reposer

ces gens bien méritants

qui savent mieux que tous

qu'ils savent mieux que nous

En france ils ont vécu. Et leur identité confirme ce qu'ils veulent être


La blessure pourtant ne vient pas de leur fait;

Le bateau avançait dans la mer superbe. A la poupe je prenais un vent doux pour avaler l'écume que ma bouche accueillait. Je ne voulais pas voir ce qui s'était passé au matin. La journée devait être superbe. Alors superbe devant la mer maternelle, et la joie d'être là, j'ai pleuré de bonheur.


Ils étaient allongés sur des serviettes blanches. Bronzant visages, cuisses, épaules. Ils lisaient des polars si prenants, ils avaient l'habitude de l'azur, de l'écume, de l'eau bleue éternelle. Ce soir il ferait nuit et les bateaux signaleraient leur touriste présence.

J'ai eu honte quelques semaines.

Et puis comme je suis mieux débile, 

maladroite, et la bouche et le front

tranchés par un coin de la douche

pissant le sang 

j'ai pesé combien je préférais mon sort

au leur.