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31 août 2026

Soudain elle revient

 la violence

souvent elle plante son couteau

et l'âme se renverse au recto la douceur

l'esprit  devient verso

la violence se plante et le couteau déchire

et le corps disjoncte

la parole est en train de fumer et les yeux se révulsent

la colère se présente 

pas de haine juste le regard de Courbet

dans son autoportrait Courbet qui devient fou quand il sait encore peindre

les traits de la peur de ne pas être mais devenir

fou

je regarde je ne vois rien juste une détresse que la lave n'embourbe pas 

puisqu'elle explose

j'ai mal et tu ne réponds rien pas un regard de peur 

d'alarme juste l'envie de dormir car tu es fatigué as envie de dormir

la violence que j'aie encore quand soudain le coeur se fend

ce couteau 

qui pouvait choisir entre le tendre et les viscères

a choisi ce qu'on ne mangera pas

par angoisse des choses qui nous sont indigestes

non la colère

non la haine

la souffrance d un organe qui n'existe plus

le fantôme impossible à bercer

mon coeur.



9 août 2026

La musique est un coeur

 flambant elle brûle

partout. Le chat écoute, je suis avec

la musique le chat le soleil brûle l'été

Parfois on aimerait l'hiver et puis l'automne revient et on voudrait le printemps.

La musique révèle nos quatre saisons les frissons d'une neige qui ne vient plus

les forêts brûlent l'eau s'est cassée au milieu. Les chaleurs brisent le silence

La foudre a eu raison de nous rendre électriques

car nos corps, nos esprits éclatent

Je suais la neige fondait déjà et le bitume -rappelle-toi

qu'il brûlait sur des virages trop verglacés d'été

et la neige fond et je pense aux arbres d'or qui sècheront des larmes

Elles auraient dû éteindre les incendies d'été

le coeur souffle l'hiver

La musique contemple ce qui reste de nous

quand nos saisons effacent ce qui reste de nous

encore

Le chat regarde la fenêtre et je regarde mon chat au seuil d'une fenêtre

fermée il fait trop chaud il fait trop froid. Les feuilles bercent nos oublis

Je n'ai plus de mémoire. Mon chat est désolé ce matin il a compris 

qu'une souris ne souriait plus quand elle était morte parce que ses pattes ont joué à la mort.

Mon chat pleure ce matin. Près de moi il console le chagrin. Il console et la musique est là.

7 août 2026

L'arbre me tend ses bras

 je suis verte et sans conscience

j'ai trop bu l'arbre me tend ses branches ses feuilles ses fruits

figée comme le marbre

je prefère m'asseoir ne pas comprendre que la vie appartient à ceux s'enracinent

je dors pour ne vivre qu'endormie

je veux dormir sans envie

juste pour que demain s'éveille et que l'arbre éternel

tende ses feuilles ses branches et les fruits rares

qui gorgent notre bouche puisque l'été venu

ils nous offrent ce qu'il faut pour vivre un peu mieux

le gris de nos entrailles.

Un peu mortes mais pas encore. Vivantes au demeurant.

4 août 2026

La détresse n'est pas une tristesse

 la tristesse s'enfonce dans le matelas de la peine

et vient se reposer dans la solitude absolue

La détresse c'est vouloir croire quand rien n'est plus possible

la détresse fait semblant. Elle est ce qu'on voudrait, un cri qui déchire l'impossible

la détresse essaie encore à bout de souffle

elle tente elle n'y croit plus mais continue le combat terminé

La tristesse est une mort mais elle sait qu'elle ne peut plus

rien.

La guerre c'est préférer combattre l'ennemi dont les armes plus nobles auront raison de nous.

Je suis dans l'instant où la première va vaincre la seconde

mais tout sera égal à l'heure du coeur qui cessera

soit le combat soit le désespoir

Il n'y a rien de meilleur

détresse ou la tristesse

c'est baisser ses armes ou qu'elles nous soient confisquées.


J'ai mal ce n'est pas pire que de savoir que tout se fermera, nos coeurs abandonneront le corps

l'âme désertera l'esprit

Triste et affreusement lucide

de ce qui ne peut plus devenir.